Les sources d'inspiration autobiographiques dans l'œuvre d'Edvard Munch

Les sources d’inspiration de Munch, tout au long de son œuvre, proviennent de son vécu mais surtout de son vécu intérieur. Son but n’est en aucun cas de représenter le réel, même sous une forme impressionniste, mais de transmettre ce qu’il ressent à partir d’une perception visuelle.

La vaste et sereine nature norvégienne sert, elle aussi, de cadre où se projettent les tensions de la vie intérieure. Ainsi, dans la Nuit d'étoiles, l’ombre de Munch exprime son intense sentiment de solitude face à la nature.

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Edvard Munch, Nuit d'étoiles, paysage nocturne en Europe du Nord, 1899, huile sur toile, 139 × 119 cm. Musée Munch d’Oslo.
Photo © Luisa Ricciarini/Leemage.
© The Munch-Museum / The Munch-Ellingsen Group - ADAGP, Paris, 2013.
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La Frise de la Vie

Pour Munch, La Frise de la Vie est un poème de vie, d'amour et de mort, les trois grandes forces auxquelles l’individu est confronté dans son existence. Cette vaste série de tableaux illustre les thèmes  « Eveil de l’Amour », « Epanouissement et déclin de l’amour », « Angoisse de vivre » et « Mort ». Exposée dans son intégralité à Berlin en 1902, elle comprend les toiles les plus connues de Munch comme Le Cri, Madone, La Danse de la Vie, Les Trois Âges de la femme, La Mort dans chambre de la malade

La femme et le couple

Munch représente parfois l’homme et la femme formant un seul et même être (Le Baiser) mais, le plus souvent, il évoque le désir comme un tourment, objet de souffrance et de solitude existentielle (présence d’un lit vide à l’arrière-plan).

Cette fatale attirance entre les sexes est également développée dans Alpha et Oméga, un conte écrit et illustré de lithographies par Munch en 1909.

Quant à la passion, elle est dévastatrice et source d’angoisse, surtout à cause de la jalousie, thème peint à plusieurs reprises. L’amour et la mort sont intimement liés (Vampire).
 

Ecrits intimes 

L’aspect autobiographique de ses peintures et de ses photographies est encore renforcé par ses écrits. Munch a rédigé un journal intime dans lequel il consigne ses expériences, réflexions et principes, ce qui éclaire souvent l’interprétation de ses tableaux.

Pour Le Cri, il note :

« Je me promenais sur un sentier avec deux amis – le soleil se couchait – tout d'un coup le ciel devint rouge sang – je m'arrêtai, fatigué, et m'appuyai sur une clôture – il y avait du sang et des langues de feu au dessus du fjord bleu-noir de la ville – mes amis continuèrent et j'y restais, tremblant d'anxiété – je sentais un cri infini qui passait à travers l'univers. »

Munch a également repris la plupart des thèmes de La Frise de la Vie sous forme de poèmes en prose.

Publié le - Mis à jour le 01-06-2018

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