Le post-expressionnisme allemand d’après-guerre

En Allemagne, le « post-expressionnisme » reste fidèle à ses origines mais sa rancœur s’élargit à la société, et à ses dirigeants, au-delà du ressenti de l'individu face à son mal de vivre. Ainsi, les œuvres du mouvement de la « Neue Sachlichkeit », soit la Nouvelle Réalité ou la Nouvelle Objectivité, témoignent de la haine éprouvée par les peintres expressionnistes de cette époque au souvenir de la Première Guerre mondiale. Ces peintres rejettent l’art abstrait pour peindre de manière figurative la réalité de l'après-guerre.

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Nach der Verfolgung des Schattenlosen durch den Mob der Gasse (La Persécution de l’homme sans ombre), d’Ernst Ludwig Kirchner, gravure sur bois en couleurs sur papier vélin (33,4 x 24 cm), 1915. Credit : New Century Fund et Gift of Ruth and Jacob Kainen, National Gallery of Art, Washington D.C. cliquer pour agrandir l'image.

Le mouvement regroupe Otto Dix, George Grosz, Max Beckmann et le sculpteur Barlach. Le tableau Les FunéraillesOscar Panizza (1917) de George Grosz symbolise ce sentiment de rage et de colère, de même que toute la dureté de La Nuit (1918) de Max Beckmann.

Cependant, quelques peintres expriment au contraire leur réaction de révolte à la Première Guerre mondiale, en représentant des personnages qui en ont souffert, dont des autoportraits : Autoportrait en soldat (1915) et Autoportrait en malade (1917-1920) de Kirchner, ainsi que les douloureux autoportraits de Kokoschka.

En 1919, Walter Gropius, architecte et urbaniste allemand, fonde le Bauhaus à Weimar qui devient une école de dessin et d'architecture réputée. Parmi les professeurs, on trouve les plus grands maîtres de l'expressionnisme constructif, tels que Feininger, Klee ou Kandinsky. Innovante, cette école eut un impact décisif sur le modernisme fonctionnaliste et plus tard sur le style international.  

En Allemagne, le régime nazi considère de nombreux mouvements artistiques, dont l’Expressionnisme, comme un art dégénéré, en opposition à art officiel appelé l'« art héroïque ». De juin à novembre 1937, les nazis organisent, à Munich, une grande exposition d'art dégénéré qui présente 730 œuvres réalisées par « les Bolcheviks et les Juifs ». On y trouve des tableaux d’expressionnistes allemands, dont Otto Dix et Emil Nolde, et d’étrangers tels que Picasso et Chagall.

Publié le - Mis à jour le 01-06-2018

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