L’enfance douloureuse de Munch, point de départ de son œuvre

« Sans la peur et sans la maladie, ma vie serait comme un bateau sans rames » (Edvard Munch)

Edvard Munch naît le 12 décembre 1863 en Norvège, au nord de Kristiania (la capitale, rebaptisée Oslo en 1925) où il passe son enfance. Son père est un médecin militaire profondément religieux aux revenus modestes. Sa mère meurt de la tuberculose alors qu'il n'a que cinq ans. À 13 ans, un nouveau deuil le frappe : sa sœur Sophie décède elle aussi de la tuberculose ; sa plus jeune sœur s’avère être dépressive et son frère meurt quelques mois après son mariage.

Les œuvres du Munch, tout au long de sa vie, vont refléter les affres de cette enfance et de cette adolescence marquées par le deuil et la maladie.
 

Le choix de la peinture comme moyen d’expression

En 1880, après avoir renoncé à ses études d’ingénieur, il s’inscrit à l'École royale de dessin de Kristiania. Il se fait conseiller par le grand peintre naturaliste norvégien de l'époque, Christian Krohg. Il participe également à l’Académie de plein air de Fritz Thaulow.

« Je suis maintenant décidé à devenir peintre bien que maladie, folie et mort soient les anges qui ont veillé sur mon berceau et qui m’accompagneront ma vie durant. » (Edvard Munch)

Munch fréquente dès 1884 la bohème intellectuelle de Kristiania.

Influencé par le naturalisme, découvrant l’impressionnisme lors d’un premier voyage à Paris en 1886, il se consacre dès ses premières œuvres à la représentation des sentiments humains. À Paris, en 1886, il commence à travailler sur le tableau L’Enfant malade.

Image Contenu

Edvard Munch, L'Enfant malade, 1896, huile sur toile, 121,5 × 118,5 cm. Musée Munch d’Oslo.
Photo © Luisa Ricciarini/Leemage.
© The Munch-Museum / The Munch-Ellingsen Group - ADAGP, Paris, 2013.
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L’Enfant malade

Le tableau, représentant sa sœur Sophie, est le point de départ de l’évolution artistique de Munch. Le traitement de l'espace sans profondeur et de la surface picturale (coups de brosse, raclage des couches de peinture) en fait un des premiers tableaux expressionnistes. Il fait scandale, pas tant sur le fond que sur la forme. Son acharnement sur la toile exprime sa volonté de vouloir transmettre la véritable impression qu’il avait alors ressentie devant cette scène douloureuse. Munch en fera plusieurs versions au fil des ans (1886, 1896, 1907 et 1926).

La fréquentation, à la fin des années 1880 de l’écrivain anarchiste Hans Jæger et de son cercle d'anarchistes radicaux à Kristiania marque un tournant décisif dans la vie de Munch, qui décide de « peindre sa propre vie ».

Publié le - Mis à jour le 01-06-2018

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