Egon Schiele, la vérité nue de l’expressionnisme viennois

Egon Schiele naît, en 1890, près de Vienne en Autriche. Il reste marqué par la mort de son père, atteint d'une maladie mentale, alors qu’il n’a que 15 ans. Séduit par la Sécession Viennoise, il crée, en 1909, avec ses amis Le Groupe pour le Nouvel Art (Seukunstgruppe).

Son approche artistique est influencée par Gustav Klimt, ainsi que par Van Gogh, Hodler et Georges Minne. Son style graphique se fait nerveux et intense. Il commence à peindre des portraits, dont celui de sa sœur, le Portrait deGerti Schiele sur un fond monochrome, une des caractéristiques de son style par la suite. Le corps humain devient pour lui un support pour s’exprimer.

En 1911, il adhère au groupe « Sema » de Munich, où il retrouve Paul Klee et Alfred Kubin. Outre de nombreux portraits, Schiele multiplie les autoportraits traduisant ses propres angoisses intérieures. Les poses sont excentriques, les formes anguleuses, les traits déformés, les yeux inexpressifs… En revanche, il donne aux mains une grande importance expressive. Ses nus, de sexe masculin ou féminin, sont de plus en plus érotiques, voire obscènes et la pâleur de leurs chairs évoquent la mort.

En 1912, une centaine de ses peintures, majoritairement des nus, est confisquée pour atteinte à la pudeur. Il fait même de la prison ce qui renforce son sentiment de révolte face à l’injustice. Cette exacerbation se retrouve dans plusieurs des œuvres de cette époque, dont Le Cardinal et la nonne, et des autoportraits où il se peint en victime. Ses dessins érotiques sont de plus en plus provocants.

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Sitzende Frau mit hochgezogenem Knie (Femme assise genoux plié), d’Egon Schiele, crayon noir, gouache, aquarelle sur papier (46 x 30,5 cm), 1917. National Gallery, Prague. Photo © Luisa Ricciarini/Leemage
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Le corps de la femme a fortement inspiré Schiele. Il l’a utilisé pour exprimer ses tourments, en particulier ses relations parfois houleuses avec sa maîtresse Wally Neuziel. Dans ce tableau, intitulé également La femme de l’artiste au genou replié, il peint Edith Harms qu’il épouse en 1915. Le style est moins violent et torturé. Schiele semble apaisé, ce portrait de femme exprime davantage la fragilité. Le tableau se trouve aujourd’hui en République tchèque, à la National Gallery de Prague.

Son mariage lui inspire également son célèbre tableau La Famille (1918) : Schiele se représente avec sa femme et son enfant. En réalité, sa femme est enceinte et décèdera de la grippe espagnole avant d’avoir mis au monde leur enfant. Schiele meurt de la même maladie, trois jours plus tard, en 1918 à Vienne.

Publié le - Mis à jour le 01-06-2018

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