Edvard Munch : succès, dépression nerveuse, apaisement

Munch et les femmes

En 1898, Munch rencontre Tulla Larsen, avec qui il se marie et entreprend des voyages en France, en Italie et en Norvège. Cependant, leurs relations se détériorent jusqu’à générer des scènes violentes : au cours d’une dispute, il se blesse la main d'un coup de revolver. Quelques tableaux, comme La Meurtrière, Jalousie, La Mort de Marat, témoignent de cette tension.

D’une manière générale, Munch, solitaire et angoissé, a des rapports compliqués avec les femmes. Cette  difficulté se retrouve dans certaines de ses œuvres, dont Femme qui pleure, déclinée en plusieurs versions.
 

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Edvard Munch, Autoportrait ou homme se promenant la nuit, 1923-1924, huile sur toile, 89,5 × 67,5 cm. Musée Munch d’Oslo.
Photo © Luisa Ricciarini/Leemage.
© The Munch-Museum / The Munch-Ellingsen Group - ADAGP, Paris, 2013.
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Munch et la dépression

En 1908, souffrant de dépression, Munch fait un séjour dans une clinique de Copenhague, où il continue à peindre, une fois de plus en relation avec ce qu’il vit alors. Il réalise aussi des autoportraits photographiques (Autoportrait « à la Marat »). Ces œuvres ont sans doute servi d’exutoire, puisqu’il quitte la clinique apaisé.

En 1916, Munch achète une maison à Ekely, près de Kristiania, dans laquelle il mène une existence de peintre solitaire mais paisible. Munch s’ouvre alors davantage au monde extérieur et témoigne, dans ses tableaux, d’événements historiques et de faits divers. Des images d’incendie sont exploitées à plusieurs reprises, ainsi que des scènes de foule apeurée (Panique à Oslo, 1917).

L’artiste revient néanmoins à ses tourments existentiels, exacerbés par les années qui passent. Dans Le Noctambule,  il dramatise la représentation de sa détresse en y ajoutant l’angoisse nocturne.
 

Les dernières années

Dans les années 1930, les nazis jugent son art « dégénéré » et retirent ses tableaux des musées allemands. Munch en est profondément meurtri, l'Allemagne étant comme sa seconde patrie ; il refuse tout contact avec les nazis pendant l’occupation de la Norvège.

Chaque année, il peint un autoportrait reflétant de façon réaliste les effets de l’âge (Autoportrait près de la fenêtre, 1940). Son dernier autoportrait, Deux heures et quart du matin, représente un vieillard sur son fauteuil, prêt à mourir. Durant sa vieillesse, des problèmes oculaires lui occasionnent la vision de corps flottants, repris dans certains tableaux, en correspondance avec ses propres perceptions surnaturelles.

Il est couvert d’honneur pour son quatre-vingtième anniversaire et décède un mois plus tard, le 23 janvier 1944. Il lègue environ un millier de tableaux, 4 500 dessins et aquarelles et six sculptures à la ville d'Oslo, qui construit un Musée en son honneur.

Publié le - Mis à jour le 01-06-2018

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