Toute la Préhistoire en une œuvre

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Cet article est extrait du no 185 de la revue DADA.

L’art préhistorique ? C’est bien sûr, d’abord, de magnifiques animaux peints sur la roche des cavernes. L’histoire de la plus célèbre d’entre elles commence en 1940 avec quatre garçons qui font une surprenante découverte… Bienvenue à Lascaux.

 

Les grottes, premiers ateliers d'artistes

Parmi les quelque 350 grottes ornées découvertes en Europe, celle de Lascaux est exceptionnelle par son état de conservation et par sa richesse. Dès l’entrée, la Salle des Taureaux offre un spectacle sans pareil : une longue file d’animaux recouvre les murs et se dirige, en une course silencieuse, vers la voûte. Tout concourt à magnifier ces animaux peints par des générations d’artistes, il y a 18 000 ans. Grâce à la blancheur des parois, les couleurs ressortent mieux. Comme dans les autres grottes, elles dépendent des matières premières dont disposent les artistes. Le rouge tiré de l’argile et le noir issu du charbon sont très employés, mais on trouve aussi des gris, des jaunes et des bruns. Quant aux animaux cernés de noir, ils profitent du relief des parois pour gagner un peu de volume. Mais les artistes se laissent aussi aller à leur libre interprétation : les cerfs, que vous pouvez admirer entre les deux bovidés, avaient en réalité une ramure bien moins exubérante !

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Panneau de la Licorne (paroi gauche), dans la Salle des Taureaux, vers 17 000 avant J.-C., pigments naturels, oxydes métalliques (fer et manganèse) et charbon de bois.
France, Montignac.
© Photo : N. Aujoulat – MCC.
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La caverne aux merveilles

Certains animaux, comme le renne, sont très peu représentés dans l’art pariétal. D’autres, au contraire, sont de véritables stars ! Dans la Salle des Taureaux, le roi des animaux, c’est le cheval. Des petits canassons noirs, souvent incomplets, au grand cheval rouge et noir, on n’en compte pas moins de 17. Les vaches, les bisons et les aurochs viennent ensuite : un bestiaire typique de l’art pariétal. L’auroch de gauche, long de 3,50 mètres, est si gros que l’artiste n’a pu le dessiner en entier, le groupe des chevaux l’en empêchant. D’autres, enfin, sont plus étonnants. Observez l’étrange créature à gauche du panneau. L’artiste semble avoir rassemblé différentes parties d’animaux : un corps de quadrupède, une tête de félin, un ventre lourd, un pelage ocellé et deux longues cornes qui jaillissent du front. Incapables de l’identifier, les chercheurs l’ont baptisée d’un joli nom, la « Licorne ».
 

Rideau sur Lascaux ?

En Europe, une majorité des grottes ornées est aujourd’hui interdite au public : trop de visites et donc de dégradations. Lascaux a ainsi été définitivement fermée aux visiteurs dès 1963. Dès lors, n’est-il plus possible d’admirer la Salle des Taureaux ? Heureusement, si. Une copie de la grotte a été construite à côté de la vraie : une partie des œuvres d’origine y ont été reproduites selon les techniques utilisées par les hommes préhistoriques ! Lascaux II, inaugurée en 1983, connaît un immense succès. Et depuis octobre 2012, la grotte s’est même mise à voyager. Lascaux III, constituée de copies, de reconstitutions numériques et d’images en 3D, fait le tour du monde. Mais des voix s’élèvent pour obtenir la sanctuarisation du site et protéger encore plus la grotte de Lascaux. Il serait question de créer donc Lascaux IV, un centre d’art pariétal au pied de la colline.

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Publié le - Mis à jour le 27-07-2018

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