Diffusion et influence du surréalisme

Étendant son influence sur plus de quatre décennies, le surréalisme n’aura cessé de se définir, de se réinventer. La théorisation occupe une large part de son action. Elle revêt bien des formes et participe de son évolution.

Les manifestes et les tracts

En 1924, André Breton, publie le Manifeste du surréalisme, alors que le mouvement a déjà bien étendu son action. Il y présente les grands principes, l’état d’esprit surréaliste.

Surréalisme, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.
Encycl.Philos. Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie. Ont fait acte de surréalisme absolu MM. Aragon, Baron, Boiffard, Breton, Carrive, Crevel, Delteil, Desnos, Éluard, Gérard, Limbour, Malkine, Morise, Naville, Noll, Péret, Picon, Soupault, Vitrac.
(André Breton, Manifeste du surréalisme [1924], repris dans Œuvres complètes, t. I, Paris, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, 1988, p. 328.)

En 1930, paraît le second manifeste. Mais, alors que le premier s’inscrivait dans un mouvement fédérateur, celui-ci restera associé aux exclusions. Breton y rejette nombre de ses amis.

Les exclus se mobilisent alors et diffusent un tract contre celui que l’on surnomme le « pape » du surréalisme : « Un cadavre » tue symboliquement Breton, alors âgé de 33 ans, l’âge du Christ à sa mort, en le représentant les yeux fermés et couronné d’épines.

Image Contenu

Un cadavre, tract page 1. Au centre : photomontage dû à Jacques-André Boiffard. Paris, 15 janvier 1930.
© Bibliothèque Kandinsky, Musée national d'art moderne, Centre Pompidou.
cliquer pour agrandir l'image (et lire le texte du tract).

Une théorie en actes

Les surréalistes fédèrent leurs idées autour de grandes expositions collectives.

Les revues jouent également un rôle incontestable dans la diffusion du surréalisme, dans sa quête de mise en commun de la pensée. Rien n’illustre mieux son être collectif que La Révolution surréaliste, Le Surréalisme au service de la révolution

Romans illustrés

À l’instar des revues, de grands romans surréalistes, Le Paysan de Paris d’Aragon, Nadja de Breton…, accordent un nouveau statut à l’image. Photographies, collages, dessins forment une narration autonome, tout aussi signifiante que celle du texte.

Un mouvement international

De part les personnalités qui y adhèrent, le surréalisme ne se cantonne pas aux frontières françaises. Max Ernst est né Allemand, Man Ray est Américain, Luis Buñuel, espagnol… Peu à peu, Américains, Belges, Tchèques… s’ouvrent au surréalisme, dont la renommée internationale se déploie. La guerre participe de cette expansion : nombre d’artistes s’étant expatriés.

Le surréalisme « historique » s’éteint avec son théoricien — Breton meurt en 1966. Mais la « révolution » aura bien eu lieu, changeant définitivement notre façon de percevoir la réalité, si bien qu’aujourd’hui, les œuvres surréalistes ne nous paraissent plus si choquantes. Il n’en demeure pas moins que l’adjectif « surréaliste », passé dans le langage courant, porte toujours la notion d’étonnement, de décalage.

Publié le - Mis à jour le 01-06-2018

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