Tout Le Corbusier en une œuvre

 

Image Contenu

 

 

Pour finir en beauté, rien de tel qu’un passage par l’appartement-atelier de Le Corbusier. Il résume le travail du maître et une vie d’artiste. Entrez donc… 

 

Passons au Salon 

 

Image Contenu

 

Le Corbusier, Appartement dans l’immeuble Molitor, 24 rue Nungesser et Coli, Paris, 1931-1934. Vue du salon.
© Photo : Olivier Martin-Gambier 2005 / fondation Le Corbusier. © ADAGP, Paris 2015 / Fondation Le Corbusier.

Quand il s’agit de mettre ses principes en pratique, Le Corbusier va au bout de ses idées. Entre 1931 et 1934, il construit avec son cousin Pierre l’immeuble Molitor, dans le 16e arrondissement de Paris. Il teste ainsi ses théories sur la ville radieuse, bien avant l’aventure marseillaise. Et comme il ne fait pas les choses à moitié, il va y habiter jusqu’à sa mort : 240 m2 sur les deux derniers étages. Ces larges fenêtres, c’est le principe de la façade libre. À l’intérieur, grâce au plan libre, les pièces sont ouvertes et spacieuses. Tout est fluide : du salon, vous glissez naturellement vers la salle à manger. Un mur rouge autour de la cheminée, voilà de quoi rythmer tout ce blanc puriste. Idem pour le vitrail de la salle à manger. Pour se reposer, une chaise longue B306 et un fauteuil LC3. Du mobilier moderne et épuré, pour un intérieur 100 % Le Corbusier. 

À coucher dedans 

 

Image Contenu

 

Le Corbusier, Appartement dans l’immeuble Molitor, 24 rue Nungesser et Coli, Paris, 1931-1934. Vue de la chambre.
© Photo : fondation Le Corbusier. © ADAGP, Paris 2015 / Fondation Le Corbusier.

De la salle à manger, poussez une porte pivotante, vous voilà dans la chambre. Derrière la porte, une armoire dressing a été fixée. La coiffeuse de Madame s’insère parfaitement sur le mur de la salle de bains. Fluidité, gain de place et fonctionnalité, on est toujours bien chez Le Corbusier. Comme pour le reste de l’appartement, l’éclairage adopte des formes simples et graphiques, comme cette applique en haut à droite. Une fenêtre en longueur, autre principe cher à l’architecte, permet d’inonder la pièce de lumière. Autre avantage : l’immeuble n’a pas de vis-à-vis, et jouit d’une vue imprenable sur le Bois de Boulogne. Voilà qui explique ce drôle de lit : il est placé à 83 cm du sol pour que, même allongé, on puisse admirer la vue au-delà de la terrasse. Avec son appui-tête en forme d’avion, on se sent prêt à décoller. 

Dans l’atelier 

 

Image Contenu

 

Le Corbusier, Appartement dans l’immeuble Molitor, 24 rue Nungesser et Coli, Paris, 1931-1934. Vue de l’atelier.
© Photo : fondation Le Corbusier. © ADAGP, Paris 2015 / Fondation Le Corbusier.

À l’autre bout de l’appartement, vous trouverez une pièce immense : l’atelier du maître. Il est entièrement vitré à l’ouest et à l’est pour bénéficier d’un maximum de lumière. Sur la gauche, un grand meuble à tiroirs d’horloger. Il provient de La Chaux de Fonds, clin d’œil aux origines suisses de Le Corbusier. De la place et du rangement, et pourtant quel fouillis ! Avec sa grande voûte et son mur de briques et pierres, c’est là que Le Corbusier peint, tous les jours, et qu’il expérimente de nombreuses techniques artistiques. D’ailleurs, on peut voir sa sculpture La Mer à droite, près du fauteuil. C’est là aussi qu’il rédige les textes et articles sur lesquels il travaille. Artiste complet, c’est dans son atelier qu’il réalise sa synthèse des arts. Et pour s’aérer, il y a toujours le toit-jardin au moment de la pause. L’atelier-appartement se visite toujours aujourd’hui. Le lieu idéal pour entrer de plain-pied dans l’univers du grand Le Corbusier. 

Émilie Martin-Neute

en partenariat avec revue dadarevue dada

Dada est la première revue pour s'initier à l'art, accessible aux jeunes mais lue aussi par les plus grands.

Prenez l'histoire des arts au sérieux... tout en vous amusant.

Publié le - Mis à jour le 03-05-2018