Quel est le coût de la pollution atmosphérique ?

Decod'actu - saison 2

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Pollution de l'air : des conséquences sanitaires et économiques

Paris, Pékin, Kuala Lumpur, Mexico, Le Caire, quel est le point commun entre toutes ces villes ? C'est le smog : un brouillard mélangeant plusieurs polluants atmosphériques. Car depuis quelques années la liste des victimes s’emballe. La pollution atmosphérique est aujourd’hui responsable d’un décès sur dix dans le monde. En cause : l'émission de particules fines liées au chauffage au bois, aux combustions liées à l'industrie, ainsi qu'au trafic routier, en particulier les véhicules roulant au diesel ou encore à l'épandage d'engrais. D'après un tableau dressé par l'Organisation mondiale de la santé, le Pakistan, l'Inde, l'Arabie saoudite et la Chine figurent parmi les pays où l'air est le chargé en particules fines. Un fléau sanitaire qui freine le développement et entraîne un colossal manque à gagner pour l'économie mondiale : 199 milliards d'euros de perte de revenus du travail par an.

La pollution de l'air en France 

En France, la pollution de l'air coûte chaque année 101,3 milliards d'euros — 2 fois plus que le tabac — : bronchite chronique, asthme, cancer du poumon, accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde... 650 000 journées d'arrêts de travail seraient prescrites chaque année du fait de la mauvaise qualité de l'air. Les particules fines et l'ozone, 2 des principaux polluants atmosphériques, sont la 3e cause de mortalité dans notre pays (48 000 décès), après le tabac (72 000 décès) et l'alcool (49 000 morts). Sans compter les effets des oxydes d'azote, appelées NOx, des dioxydes de soufre, des composées volatiles comme le benzène, du monoxyde de carbone et des métaux lourds qui complètent la liste des polluants réglementés. Parmi les 10 villes françaises les plus polluées aux particules fines, on trouve dans l'ordre : Paris, Marseille, Lille, Strasbourg, Montpellier, Nice, Bordeaux, Lyon, Le Havre et Nantes.

La pollution atmosphérique a aussi des conséquences néfastes sur les rendements agricoles ou la biodiversité. L'Institut national de la recherche agronomique (Inra) estime, par exemple, que sous l'effet de la pollution à l'ozone, le rendement du blé en région parisienne est réduit de 10 % par rapport à une région non polluée. Particuliers, industriels, agriculteurs, chacun concourt à sa façon à la pollution atmosphérique. Ce coût non sanitaire de la pollution s'élèverait en France à 4,3 milliards d'euros minimum.

Alors, quelles solutions existent ?

Plusieurs villes européennes ont instauré un péage urbain pour lutter contre la pollution. En rentrant l'accès à leur centre-ville payant, Stockholm, Londres, Milan ou Dublin ont réduit leur trafic automobile de 15 % à 20 %. Paris a préféré mettre en place des solutions plus douces pour ne pas pénaliser les ménages les moins favorisés. Mais qu'on ne s’y trompe pas, la France reste à la traîne. Notre pays tarde à mettre en place la taxation du diesel et des aides à l'achat pour accélérer la transition vers les véhicules électriques. Pourtant la lutte contre la pollution atmosphérique permettrait non seulement de sauver des vies, mais aussi de faire des économies et de relancer la croissance et l'emploi en développant le secteur de l'économie verte. Ne manque plus que la volonté politique !

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : Corner Prod

Auteur : Sébastien Daycard-Heid

Production : 2017

Diffusion : 2017

Publié le - Mis à jour le 24-04-2019

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