Que prévoit la réforme du bac et des universités ?

Decod'actu - Saison 3

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En 2017, 88,6 % des candidats ont obtenu leur baccalauréat, un taux de réussite en progression depuis les années 2000. Pourtant, arrivés à l’université, seulement 40 % des étudiants passent en deuxième année, 30 % redoublent et 30 % décident de faire autre chose. 

C'est quoi la réforme du bac ?

Afin de lutter contre cet échec, Emmanuel Macron avait promis de réformer le bac et l’enseignement supérieur. Une réforme attendue après l’abandon de la plateforme d’admission post-bac (APB) qui avait laissé à l’été 2017 plus de 65 000 bacheliers sans affectation pour la rentrée, et obligé 92 licences à tirer au sort pour sélectionner les étudiants de plus en plus nombreux. Conséquence du petit baby-boom des années 2000, qui fait que chaque année l’université accueille 30 à 40.000 étudiants supplémentaires par rapport à l’année précédente.

Présentée en février 2018 par le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer, la réforme du baccalauréat prévoit de supprimer les séries ES, S et L, d’introduire le contrôle continu pour 40 % de la note, de réduire de 15 à 4 le nombre d’épreuves écrites et d’instaurer un grand oral de vingt minutes. Cette nouvelle version du baccalauréat sera appliquée en 2021.

Et la réforme des universitrés ?

Pour l’admission à l’université, la loi ORE sur l’orientation et la réussite des étudiants adoptée en février 2018, permet une sélection personnalisée des étudiants pour les filières très demandées à partir de certains « prérequis » qui seront définis par les établissements. Par exemple, l’université pourrait exiger des étudiants qu’ils aient suivi des cours de biologie au lycée pour pouvoir s’inscrire en licence de Sciences et techniques des activités physiques et sportives.

Pour mettre fin au tirage au sort et à l’échec d’APB, la loi a créé en janvier 2018 une nouvelle plateforme, Parcoursup, pour affecter les étudiants en fonction de leurs vœux, des places disponibles et des prérequis éventuellement demandés. Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement secondaire s’est aussi engagée à créer 22 000 places supplémentaires dans les filières très demandées dès la rentrée prochaine, dont 3000 dans des BTS.

Mais cette loi fait face à une gronde des étudiants opposés au principe de sélection qui bloquent   les universités et perturbent les examens. Certains syndicats étudiants (Unef) et enseignants (Snesup-FSU) craignent que la mise en place du contrôle continu pour le baccalauréat ne renforce les inégalités entre les élèves selon la réputation et le niveau de leur établissement. Ainsi, les formations universitaires fortement demandées risqueraient de sélectionner davantage les élèves des meilleurs établissements, remettant en cause l’égal accès pour tous, à l’enseignement supérieur.
 

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Auteur : Clément Baudet

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 08-07-2019

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