Peut-on se passer du glyphosate ?

Decod'actu - Saison 4

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Le glyphosate est le pesticide le plus vendu au monde avec plus de 800 000 tonnes épandues chaque année. Il est considéré par une majorité de scientifiques comme un danger. Le Centre international de recherche sur le cancer l’a classé comme « cancérogène probable » en 2015.

Et pourtant, les États membres de l’Union européenne ont décidé de renouveler son autorisation de mise sur le marché jusqu’en 2022. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas qu’une question de santé publique.

Pourquoi certains agriculteurs sont-ils opposés à l'interdiction du glyphosate ? 

Leur argument est avant tout économique : ils craignent une diminution de leurs rendements.

Se passer du glyphosate nécessite un changement profond du modèle de production agro-industriel qui s’est imposé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale avec de très grandes exploitations, très spécialisées, et très peu de main d’œuvre.

Quelles solutions pour se passer du glyphosate ? 

L’Institut national de la recherche agronomique s’est penché sur la question, à la demande de 4 ministères français. L’INRA a rédigé en 2017 le rapport Usages et alternatives au glyphosate dans l’agriculture française. Il en conclut que la transition est possible et met en avant plusieurs solutions alternatives pour se passer du pesticide :

  • Le travail du sol et le désherbage mécanique. Cette solution demande une hausse de la main d’œuvre ou du temps passé sur chaque parcelle.
  • Le labour, pour détruire les plantes adventices, c’est-à-dire les mauvaises herbes, en enfouissant l’ensemble de la végétation.
  • La culture de couverture, qui consiste à faire pousser des végétaux, après ou pendant la pousse d’une variété principale, pour empêcher les mauvaises herbes de se développer.

Le rapport se veut aussi réaliste. Il souligne que « l’utilisation ciblée d’autres herbicides homologués pourra être nécessaire pendant une période de transition ». Objectif : traiter les mauvaises herbes vivaces qui résisteraient aux options alternatives.

Ne plus utiliser de glyphosate nécessite d’accompagner les agriculteurs pour les aider à changer drastiquement leur manière de travailler.

Le rôle déterminant des consommateurs

Les consommateurs, eux, peuvent jouer un rôle déterminant. En consommant bio, en acceptant des fruits et légumes moins standardisés, moins « beaux » mais plus sains, les consommateurs peuvent avoir un impact sur la chaîne de production et de distribution. Un lobbying silencieux qui pourrait finalement être fatal au glyphosate.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Auteur : Arnaud Aubry

Production : 2019

Diffusion : 2019

Publié le - Mis à jour le 02-10-2019

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