Les Gilets Jaunes, une nouvelle forme de contestation ?

Decod'actu - Saison 4

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Gilets Jaunes, une contestation née sur les réseaux sociaux

En novembre 2018, un mouvement hors norme naît en France : les Gilets Jaunes. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes descendent dans la rue. Des ronds-points sont occupés aux quatre coins du pays. Et un cri s’élève : les manifestants dénoncent les taxes, en particulier celles sur le carburant, mais aussi le chômage et la misère. Ils expriment également leur souhait de pouvoir participer davantage au fonctionnement et au contrôle de notre démocratie.
À l’origine de cette mobilisation, aucun syndicat, aucun parti politique ou association. Pour la première fois, la France découvre un mouvement social né sur les réseaux sociaux.

3 événements marquent le début du mouvement 

3 événements marquent le début de l’action des Gilets Jaunes :

  • la pétition en ligne de Priscillia Ludosky contre la hausse du prix du carburant,
  • l'appel à manifester d'Eric Drouet,
  • et la vidéo Facebook de Jacline Mouraud.

Ces 3 publications expriment un ras le bol général vis à vis de la politique fiscale du gouvernement. Elles ont une autre chose en commun : elles ont toutes été créées sur Internet avant d’être amplifiées par les réseaux sociaux. Du jamais vu en France.

Les réseaux sociaux au coeur du mouvement 

Les réseaux sociaux sont donc au coeur du mouvement des Gilets Jaunes : ils leur servent de tribune pour débattre, exposer leurs idées. Mais aussi pour s’organiser. Car c’est via les réseaux sociaux, plus exactement à travers les groupes et les événements Facebook, que les manifestations se mettent en place, de manière décentralisée. Plus de 2000 événements simultanés ont ainsi pu être organisés partout en France. Et pas seulement dans les grandes villes ! L’ensemble du territoire, en particulier le monde rural, est concerné. 
Chose inédite : Les Gilets Jaunes organisent leur contestation par voie directe, sans faire appel aux partenaires habituels des mouvements sociaux : c’est-à-dire les syndicats et les partis politiques. Ils s’en méfient énormément. Le mouvement se revendique apolitique et craint plus que tout la récupération. D’ailleurs les quelques Gilets Jaunes qui ont tenté de transformer le mouvement en organisation politique ont été pris à partis ou insultés.
Les Gilets Jaunes sont aussi très méfiants vis-à-vis des médias. Ils font davantage confiance aux réseaux sociaux pour s’informer. En particulier les Facebook Live, des vidéos en direct sans montage qu’ils s’approprient, que ce soit pour filmer les manifestations ou pour réaliser un entretien en caméra cachée avec le ministre de l’Écologie. 
C’est donc un mouvement qui privilégie une communication directe. Et sans vrai leader. Mais cette nouvelle organisation horizontale n’est pas sans soulever des questions : est-il possible de négocier avec le gouvernement sans représentants ? Est-il possible de se faire entendre durablement avec des revendications aussi multiples et hétérogènes ? Ce qui fait l’originalité du mouvement pourrait bien en faire ses limites.

Auteur : Arnaud Aubry

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Auteur : Arnaud Aubry

Publié le - Mis à jour le 14-06-2019

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