Les enfants soldats

Decod'actu - Saison 1

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Publié le - Mis à jour le 22-11-2016

Ils ont parfois moins de 10 ans et une kalachnikov à la main. Ce sont les enfants-soldats.

On estime aujourd'hui leur nombre entre 250 000 et 300 000. Mais pas facile d’être précis lorsque l’on sait que ces enfants ne sont pas forcément recensés dans leur pays d'origine.

Pourtant, le Droit international des droits de l’Homme fixe à 18 ans l’âge légal minimum auquel des individus peuvent être recrutés pour participer à des conflits. Le droit international humanitaire, lui, interdit le recrutement et l’utilisation d’enfants âgés de moins de 15 ans. Et la Cour pénale internationale considère qu’en deçà de 15 ans, c’est un crime de guerre, qu’elle condamne lourdement.

Actuellement, 20 pays sont mêlés à des situations de conflits impliquant des enfants-soldats. Parmi eux, la Somalie détient le malheureux record d'enfant-soldats recensés : l'ONU a comptabilisé 903 cas dont 60% sont dûs au groupe terroriste islamiste somalien Al-shebab. A la 2è place, le Yemen, avec 762 enfants recrutés, notamment par la milice rebelle houtiste qui défie le pouvoir. La République Démocratique du Congo, dont l'est reste très instable, compte 488 cas d'enfants embrigadés, dont 26 filles. Au Congo, 30% des enfants recrutés ont moins de 15 ans. 

Mais quel est le profil de ces enfants soldats ?

Selon l'UNICEF, il s'agit à la très très grande majorité de garçons, souvent d'enfants pauvres, discriminés, qui n'ont pas eu accès à l'éducation. Orphelins pour la plupart, ils sont enrôlés de force ou se laissent influencer à coup de fausses promesses par des individus peu scrupuleux. Sans protection d'un adulte, ces enfants sont plus dociles, plus obéissants, impressionnables et plus facilement manipulables. Des proies faciles, en somme.

Si dans la plupart des cas il s'agit de groupes rebelles armés, il arrive aussi que des gouvernements eux-mêmes recrutent des enfants. C'est par exemple le cas de l'Afghanistan et de la Somalie. Et l'arrivée de Daesh sur la carte des conflits a noirci le tableau. En Libye et en Syrie, ces islamistes radicaux n’hésitent pas à utiliser des enfants pour commettre les pires atrocités. 

Si certains enfants se retrouvent les armes à la main sur la ligne de front, d’autres sont utilisés en tant que cuisiniers, porteurs, gardiens, espions, messagers, gardes du corps, « détecteurs » humains de mines ou encore… esclaves sexuels. C'est généralement le sort réservé aux filles.

Au delà de ce déroutant constat, des actions sont menées pour tenter de contrer le fléau des enfants soldats.  L'Unicef, en collaboration avec l'ONU, a par exemple, permis l’élaboration des Principes de Paris grâce à plusieurs plaidoyers à l'international. 

À ce jour, 105 États membres des Nations unies sur 193 ont approuvé ces principes.
 

Quelques lueurs d'espoir, mais la tâche s’avère ardue pour rendre leur âme d’enfant aux 250 000 enfants soldats impliqués dans des conflits à travers le monde. Quelques lueurs d'espoir mais la tâche s’avère ardue pour panser les traumatismes physiques et psychologiques des 250 000 enfants soldats victimes de la barbarie des adultes. Quelques lueurs d'espoir mais le bout du tunnel est encore loin pour les 250 000 enfants soldats impliqués dans des conflits à travers le monde.

 

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : Corner Prod

Production : 2016

Diffusion : 2016

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