Le suicide 2ème cause de mortalité chez les jeunes

Decod'actu - Saison 3

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Chaque année en France, 220 000 tentatives de suicide sont prises en charge par les urgences. Si le nombre de suicides baisse depuis une vingtaine d’années, près de 10 000 décès sont recensés par an, soit environ 25 personnes qui se tuent chaque jour. Parmi les victimes, les 3/4 sont des hommes, car les méthodes utilisées sont souvent plus radicales. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, le suicide représente la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans, devant les accidents de la route. Mais comment expliquer et lutter contre ce phénomène ? 

    Plusieurs facteurs individuels peuvent mener au suicide : la solitude, la dépression, la maladie ou la dépendance à l’alcool ou aux drogues. Des facteurs sociaux comme le stress, le harcèlement scolaire, la pauvreté, des situations familiales violentes ou complexes, peuvent aussi mener les jeunes au suicide. Une récente étude américaine avance également qu’un usage abusif des réseaux sociaux pourrait influencer les conduites dépressives et suicidaires des jeunes. D’après les statistiques, avoir déjà connu un suicide dans sa famille augmente le risque de passer à l’acte. Par ailleurs, les personnes homosexuelles, bisexuelles ou transgenres, souvent victimes de rejet et de discriminations, auraient entre 2 et 7 fois plus de risques de se suicider. Afin de lutter contre ce fléau, l’OMS a appelé en 2014 les Etats à mettre en place des mesures qui permettraient de réduire de 10% le taux de suicide chez les jeunes.

    L’Organsisation propose par exemple de réduire l’accès aux moyens de se suicider en interdisant l’accès aux armes à feu ainsi qu’à certains médicaments, et appelle à une couverture responsable du suicide par les médias, en évitant par exemple de décrire les méthodes employées par les victimes. Elle incite également à une meilleure prise en charge des troubles mentaux et de la consommation de drogues et d’alcool. Des préconisations malheureusement peu suivies d’effets en France, comme le dénoncent certaines associations. 

    Dans l’hexagone, plusieurs associations comme Phare Enfants-Parents ou Fil Santé Jeunes, effectuent de la prévention et de l’écoute téléphonique et en ligne. Car pour les médecins et les spécialistes, parler du suicide reste la première étape pour lutter contre le phénomène. Exprimer son mal-être permet ainsi d’être accompagné par des professionnels et sortir de la phase suicidaire. Lieux d’accueil et de prévention, Les Maisons Des Adolescents offrent aux jeunes en difficulté un espace physique d’écoute et d’accompagnement par des médecins. En 2013, le gouvernement a créé un Observatoire National du Suicide chargé d’étudier et de combattre le phénomène. Mais il n’existe pas à l’heure actuelle de prévention spécifique dans les écoles, et trop peu de psychologues sont disponibles dans les établissements scolaires. Un manque de moyens dénoncé par des associations comme Phare Enfants-Parents. Afin d’éviter la récidive, un meilleur accompagnement médical des personnes hospitalisées après une tentative, ainsi que de leur entourage, permettrait de réduire le nombre de décès.

    Mais aujourd’hui, le suicide reste encore un sujet tabou en France. S’il est impossible d’empêcher un individu déterminé de passer à l’acte, la lutte contre le suicide passe aussi par nos comportements au quotidien : l’écoute de son entourage, la lutte contre l’exclusion et la solitude, ont un grand rôle à jouer pour endiguer ce fléau qui touche les jeunes et toute la société.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 11-09-2018

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