Le numérique : une menace pour les journalistes ?

Decod'actu - Saison 4

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Internet et les nouvelles technologies ont révolutionné la pratique journalistique. 

En effet, sans eux, impossible pour Edward Snowden de faire ses révélations. En 2013, ce lanceur d’alerte américain dénonce la surveillance généralisée mise en place par la NSA, l’agence de sécurité américaine. Grâce au cryptage qui facilite et sécurise les échanges d’informations, il parvient à prendre contact avec des journalistes qui feront éclater l’affaire. Cette technologie de pointe est donc un moyen efficace pour contourner la surveillance et la censure des États.

LE REVERS DE LA MEDAILLE

Portable transformé en mouchard,  emails piratés… Les nouvelles technologies sont aussi très pratiques pour surveiller les journalistes. Des outils de surveillance ont par exemple été vendus à la Libye de Kadhafi, à l’Égypte de Sissi, ou encore à des pays comme le Bahreïn. Pays où la liberté de la presse est muselée. En Iran, une cyberpolice garde en permanence un œil sur les activités en ligne. Ces trois dernières années, plus d’une centaine d’internautes ont été arbitrairement arrêtés. Certains d’entre eux ont été lourdement condamnés pour leurs activités sur internet. Et à la surveillance s’ajoute la censure. En  Égypte, 500 sites d’information ou d’ONG sont bloqués par l’État. Dans certains pays d'Afrique, couper Internet et bloquer les échanges de sms est devenu monnaie courante.

Et quand la surveillance et la censure ne suffisent pas, ces États passent à l’attaque. Ils ont pour cela une tactique très efficace : une « armée de trolls ». En clair, ce sont des internautes rémunérés pour cyber-harceler les journalistes.  Ravish Kumar, un journaliste indien opposé au gouvernement a subi ces attaques. Harcelé par une armée de trolls liéé au pouvoir, il reçoit fréquemment des menaces de mort. Il n’est pas le seul. En Occident, des lois tentent d’encadrer ces campagnes de harcèlement. Problème : elles servent d’excuses aux États totalitaires pour justifier la censure. La Chine ou la Russie par exemple, dénoncent fréquemment les propos de journalistes qu’ils estiment haineux ou faux.

DE NOUVELLES COOPERATIONS

Evidemment, tout n’est pas sombre au royaume d’Internet et des nouvelles technologies. Grâce à elles, les journalistes des rédactions du monde entier peuvent coopérer. Le Consortium international des journalistes d’investigation permet de sortir des enquêtes jusqu’alors difficiles à mener. Comme sur les activités offshore de multinationales ou les risques liés aux implants médicaux par exemple. Le projet Forbidden Stories permet aussi aux journalistes de protéger leurs données sensibles et de laisser des instructions pour que d’autres continuent leur enquête, en cas d’arrestation, d’enlèvement ou d’assassinat. En 2018, 80 journalistes ont été tués, 348 sont actuellement en détention et 60 sont otages. 

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Auteur : Arnaud Aubry

Publié le - Mis à jour le 24-04-2019

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