L'agriculture urbaine peut-elle nourrir les villes ?

Decod'actu - Saison 3

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Savez-vous que l’on peut acheter du miel de l’Opéra de Paris ou du vin de Montmartre ? Et ce n’est pas tout : pommes, tomates, œufs, sont produits dans une multitude de villes du monde entier, de New York à Nairobi. C’est l’agriculture urbaine.

Mais peut-on nourrir les habitants d’une ville avec sa propre agriculture ?

Premier élément de réponse : on trouve de tout dans l’agriculture urbaine. Des élevages de poules, de chèvres ou de moutons, du maraîchage, des vergers, du houblon… Un seul toit de de Brooklyn, à New York, produit chaque année 25 tonnes de légumes. Il s’agit du toit d’une ancienne usine qui supporte 700 tonnes de terre. À Montréal, des potagers sortent de grands sacs en géotextile, ou smart pots, sur les places de la ville et dans la cour du Grand Théâtre de Québec. À Paris, des fraises poussent sur des murs de grands magasins, et des poires, dans les cours des écoles.  

Il existe aussi des légumes produits dans des conteneurs, sur des parkings, et qui ne voient jamais la lumière du jour. C’est la forme extrême de l’hydroponie, une technique qui permet de cultiver des légumes hors-sol avec de l’eau et des nutriments. Cette technique permet de produire n’importe quelle plante, du basilic au fruit exotique, grâce à une haute technologie qui reproduit les conditions climatiques optimales. Mais elle est très gourmande en énergie.

Selon la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, 800 millions de personnes font de l’agriculture urbaine dans le monde. Il s’agit surtout de foyers pauvres dans les pays en développement comme le Malawi, le Nigéria ou le Vietnam. La production est souvent orientée vers la consommation, mais pas seulement. Au Bangladesh, au Népal et à Madagascar, l’agriculture urbaine représente un tiers de la production du pays. La FAO estime que l’agriculture urbaine a un rendement 15 fois plus élevé que celui de l’agriculture rurale. Un mètre carré peut produire 20kg de nourriture par an. 
Alors, est-ce suffisant pour nourrir toute la ville ? Probablement pas. Les surfaces cultivables semblent encore trop limitées, surtout dans les pays développés. Il faudrait par exemple 660 000 hectares pour nourrir les Parisiens. Aujourd’hui, Paris affiche 5,5 hectares cultivés qui vont produire à terme 425 tonnes de fruits et légumes, 24 tonnes de champignons, 95 kg de miel ou encore 8 000 litres de bière par an.

Mais l’agriculture urbaine reste primordiale pour la sécurité alimentaire de centaines de millions de personnes, avec des bénéfices sociaux et écologiques considérables, à la condition que les techniques choisies ne soient pas gourmandes en énergie.
 

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Auteur : Cécile Bontron

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 19-11-2018

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