Échec scolaire, la faute de l'école ?

Decod'actu - Saison 3

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D’après l’enquête internationale PISA réalisée en 2015, un quart des élèves français est en difficulté. Et cela concernerait 40% des élèves issus de milieux défavorisés. Mauvaises notes, mal-être, absentéisme, l’échec scolaire peut mener jusqu’au décrochage. Chaque année, près de 100 000 jeunes quittent l’école sans aucun diplôme. Mais l’école est-elle responsable de ce phénomène ?

Dans une étude publiée en 2016, le Conseil national d’évaluation du système scolaire dressait un bilan désastreux de l’école française, considérée comme la plus inégalitaire de tous les pays de l’OCDE. Aujourd’hui, l’école ne parvient pas à réduire les inégalités et le fossé se creuse de plus en plus entre les élèves en réussite et les plus fragiles. La réussite ou l’échec restent donc fortement influencés par la situation familiale et le niveau de diplôme des parents de l’élève.

Les experts mettent en cause les Zones d’éducation prioritaire créées en 1981 par Alain Savary et appelées depuis 2014, Réseau d'éducation prioritaire. A l’origine considérées comme temporaires, elles sont devenues permanentes. Elles regroupent des écoles stigmatisées avec deux fois plus de professeurs peu expérimentés et un niveau général inférieur à la moyenne nationale. Certains élèves en réussite qui dépendent de ces établissements sont inscrits par leurs parents dans d’autres écoles. Loin de réduire les inégalités sociales comme c’était l’objectif, les écoles situées en zones prioritaires parviennent donc difficilement à lutter contre l’échec scolaire.

Au sein de l’Éducation nationale, professeurs et syndicats dénoncent plus largement le manque de moyens et des classes souvent surchargées qui empêchent un accompagnement individuel. Pourtant, depuis 2008, pour aider les élèves en difficulté, les écoles primaires proposent 2 heures hebdomadaires d’aide personnalisée ainsi que des stages de remise à niveau durant les vacances scolaires. Tandis qu’au collège, les élèves peuvent bénéficier de 2 heures d’accompagnement éducatif. Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, les effectifs ont été divisés par 2 dans 2500 classes de CP en zone prioritaire. Cette mesure devrait concerner les CE1 à la rentrée 2018. 

Longtemps perçu comme une solution, le redoublement a été supprimé en 2015 par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, sans mise en place de solutions alternatives. D’après plusieurs études, le redoublement aurait un effet négatif sur les trajectoires scolaires, créant un sentiment d’échec et d’exclusion chez l’élève. Mais il pourrait être prochainement réhabilité par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. En Novembre 2017, ce dernier a lancé le dispositif « devoirs faits » pour que tous les collégiens puissent faire leurs devoirs à l’école. Une mesure qui peine à convaincre les professeurs alors que le recrutement d'enseignants dans les collèges et lycées sera réduit en 2018.

Pour certains, il y a urgence à repenser l’école. En Finlande par exemple, les élèves de primaire ne sont pas notés, ont peu de devoirs, et les apprentissages se font de manière ludique et en groupe. Une tendance que l’on remarque de plus en plus en France. Les emplois du temps sont un quart moins chargés que chez nous et il n’existe pas de concurrence entre les élèves. Une autre pédagogie qui place la Finlande en tête des pays de l’OCDE en matière d’éducation. Mais cette réussite repose aussi sur un meilleur taux d’encadrement des élèves et un meilleur financement : la Finlande investit 20% de plus dans l’école primaire que la France et les enseignants sont valorisés, mieux formés et mieux rémunérés. L’échec scolaire n’est donc pas une fatalité, mais encore faut-il avoir les moyens de ses ambitions.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Auteur : Clément Baudet

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 14-02-2018

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