Darknets : que se cache dans l'Internet parallèle ?

Decod'actu - Saison 3

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En juillet 2017, le FBI fermait AlphaBay, un des plus gros supermarchés de la drogue et du trafic d’armes en ligne. Ce site existait sur un Internet parallèle au Web qui nous est familier, et était accessible uniquement aux utilisateurs connaissant son adresse et utilisant le navigateur crypté Tor. Cet Internet parallèle, constitué de réseaux privés, cryptés et anonymes, constitue ce que l'on appelle les Darknets.
Souvent présentés dans les médias comme un repère de malfaiteurs et de terroristes en ligne, ces Darknets sont sources de biens des fantasmes...

Mais que cache vraiment l'Internet parallèle ?

On y trouve en fait tout et son contraire : du pire : la pédopornographie ; au meilleur : les lanceurs d'alerte, les journalistes qui veulent protéger leurs sources et les opposants politiques qui cherchent à contourner la censure de leur pays.
Et bien sûr de la drogue, comme c'est souvent souligné, mais... pas autant qu'on le croit. Il suffit de jeter un coup d'œil aux chiffres : entre sa création en 2014 et son démantèlement en juillet 2017, Alphabay a brassé un milliard de dollars de transactions tout confondu – donc drogues, armes, cartes bancaires et autre contrebande illégale. A titre de comparaison, et rien que pour la France, le marché illégal de la drogue aurait représenté entre 1,5 et 3,2 milliards de dollars pour la seule année 2010 ! 

Voilà pour les fantasmes. 

Il faut retourner dans les années 70 pour trouver l'origine du mot 'Darknet'. À la base ce sont des réseaux isolés pour des raisons de sécurité, séparés de ce qui s'appelle alors 'Arpanet', et qui va devenir l'Internet. Ce n'est que bien des années plus tard que les Darknets tels qu'on les conçoit aujourd'hui vont se développer : c'est le cas du réseau « Freenet », créé en 2000 par des ingénieurs inquiets face à ce qu'ils perçoivent comme la mise en danger des libertés sur Internet. 

Tor, qui est le Darknet le plus connu et le plus utilisé, a lui d'abord été conçu par l'armée américaine au milieu des années 90 avant d'être repris en main par des activistes au début des années 2000 pour protéger leur anonymat sur Internet. Entre 2,5 et 3 millions de personnes utilisent Tor tous les jours selon le site du projet. 

Parmi eux, il y a les cyber-criminels qui profitent de l'anonymat du Darknet pour mener leurs activités illégales. Mais ils ne représentent qu'une infime minorité : selon Roger Dingledine, un des trois fondateurs du « Tor Project », « seulement 3 % des utilisateurs de Tor se connectent à des services cachés », du style AlphaBay. 

En fait, la très grande majorité des adeptes de Tor utilisent ce Darknet pour se connecter de manière anonyme et cryptée à des sites... 'normaux'. Et il y a plein de raisons à vouloir le faire. Par exemple pour contourner la censure que des dictatures mettent en place pour empêcher l'accès à certains sites ou réseaux sociaux.

Et puis plus simplement car de nombreux internautes ne veulent pas que leurs données de connexion soient récupérés par les géants du Net : Google, Facebook etc. Pour beaucoup, utiliser les Darknets est une manière de retrouver la 'version originale' d'Internet, quand l'internaute n'était pas qu'un produit, mais un utilisateur, un producteur de contenu, un explorateur. On est loin des fantasmes habituels sur le Darknet, repère à terroristes, et vendeurs de drogues.
 

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Auteur : Arnaud Aubry

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 07-06-2018

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