Cyberguerre, la nouvelle guerre

Decod'actu - Saison 3

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C'est quoi une cyber-attaque ? 

La guerre ne se fait pas qu’avec des drones, des avions, des chars d’assaut, des lance-roquettes ou des soldats sur le terrain. La guerre se fait également sur Internet. En ligne, les champs de bataille sont des logiciels qui présentent des failles ; les armes sont des lignes de code ; les soldats, des hackers.

Et cela n’a rien à voir avec de la science-fiction. En France, la cyberdéfense – la défense contre les attaques sur Internet – est devenue une branche à part entière de l’armée. En février 2018, il était annoncé que ses effectifs augmenteraient de 33%, passant de 3000 à 4000  cyber-soldats.  

Ils ne seront pas de trop ! Selon une étude de Symantec, plus de 19 millions de Français auraient subi les conséquences d'actes de cybercriminalité en 2018. Soit 42 % de la population adulte en ligne. Des attaques qui visent aussi bien les particuliers que les institutions. Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, estimait en 2016 que 24 000 tentatives d’attaques contre son ministère avaient été déjouées cette année et que leur nombre doublait chaque année. Parmi ces attaques déjouées, quelques centaines, beaucoup plus élaborées, avaient de réelles intentions de nuire : repérage, espionnage, et même des tentatives de perturbations des drones de la Défense.

L’ennemi est multiple et protéiforme : des individus isolés, des groupes de pirates informatiques ou même des Etats. Et parfois un peu tout ça à la fois.  

Ainsi, derrière le virus WannaCry qui a touché au moins 300 000 ordinateurs personnels dans 150 pays en 2017, se cacherait un groupe de hackers dénommé Lazarus Group. Celui-ci serait piloté en sous-main par la Corée du Nord. Et serait à l’origine de nombreuses opérations de grande ampleur, dont le plus gros casse de banque au Bangladesh en 2016 estimé à plus de 81 millions de dollars. On lui attribue aussi le piratage de Sony en 2014 en représailles au film « L’interview qui tue ! » qui moquait le dirigeant suprême de la Corée du Nord.

On le voit, la frontière entre hackers indépendants et Etats peut être poreuse.

C’est en 2007 qu’a lieu la première attaque virtuelle attribuée à un État. À la manœuvre, les États-Unis qui développent avec Israël un virus informatique : Stuxnet. Sa cible : le programme nucléaire iranien, et plus précisément, les centrifugeuses de la centrale de Natanz, dont il va réussir à perturber légèrement le fonctionnement, entraînant la destruction de plusieurs centaines d’entre elles. Le virus sera finalement découvert en 2010. Au passage, des centaines de milliers d’ordinateurs auront été contaminés dans le monde. Les dommages collatéraux de la guerre virtuelle...

Depuis, de nombreuses nations ont suivi le mouvement. La Chine est régulièrement accusée d’attaquer des entreprises, des organisations et des agences gouvernementales américaines. Idem pour la Corée du Nord ou la Russie, régulièrement accusées par les États-Unis ou les pays européens d’intrusions et de tentatives de piratages.

Le pays de Poutine serait même à l’origine du piratage des comptes informatiques du Parti démocrate pendant la campagne présidentielle américaine en 2016. La Russie aurait également dépensé des centaines de millions de dollars pour acheter des publicités et créer des pages virales sur Facebook et Instagram, et ainsi diffuser des messages de propagande.  Une campagne d’influence plus subtile qu’une cyber-attaque frontale. S’il est difficile de déterminer quel a été le véritable impact de ces attaques, leur objectif était clair : influencer l’élection présidentielle américaine. L’ère de la cyber-guerre ne fait que commencer.

Auteur : Arnaud Aubry

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Auteur : Arnaud Aubry

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 04-01-2019

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