Les éléphants d'Afrique mis en danger par la chasse

Le nombre d’éléphants d’Afrique est sérieusement menacé. La situation ne cesse de s’aggraver depuis 20 ans. La Convention sur le commerce international des espèces protégées (Cites) met régulièrement en cause la chasse illégale de cet animal, qui nourrit le commerce (tout aussi illégal) d'ivoire.

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une carcasse d'éléphant victime des braconniers à Samburu, au Kenya, le 16 août 2012. SIMON MAINA / AFP)

Il ne reste aujourd’hui qu’environ 500 000 éléphants dans le centre et le sud de l’Afrique. Chaque année, le nombre de pachydermes abattus pour leurs défenses augmente. Les braconniers les chassent illégalement et revendent l’ivoire très cher en Asie « surtout en Chine, précise Céline Sissler Bienvenue, la directrice d’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) France et Afrique francophone, un organisme de protection des animaux. Dans ce pays, l’ivoire est un signe de richesse. Les personnes qui en achètent ne savent pas toujours qu’un éléphant a été tué pour cela. Elles pensent que les défenses tombent et repoussent, comme des dents de lait… » En 2012, 30 tonnes d’ivoire ont été saisies par la police, ce qui représente l’abattage d’environ 3 000 éléphants. En moyenne, un seul chargement de défenses sur 10, envoyés en Asie, est récupéré par les autorités asiatiques.

Des protecteurs d’éléphants

En Afrique, les gardes forestiers - les rangers comme on les appelle - tentent de protéger les éléphants des braconniers. « Mais ils sont peu nombreux et ils ont beaucoup de travail, explique Céline Sissler Bienvenue. Ils doivent surveiller des espaces immenses, et ne sont pas assez formés, ni suffisamment équipés. Les braconniers sont aujourd’hui des professionnels : ils possèdent des armes de guerre et n’hésitent pas à tirer sur les rangers. »

« Il faut réagir rapidement »

Toutefois, des solutions existent pour diminuer cette chasse illégale. « Il faut apprendre aux rangers à pister les braconniers, à mettre en place des embuscades », avance la directrice de l’IFAW. Autre possibilité : éduquer les populations. « En Asie, les gens sont sensibilisés petit à petit aux effets néfastes du braconnage, explique Céline Sissler Bienvenue. Nous expliquons aux consommateurs qu’acheter de l’ivoire a des conséquences sur la disparition des éléphants. » Enfin, l’IFAW souhaiteraient que davantage de pays se mobilisent pour lutter contre les trafiquants. « Certains pays, comme les États-Unis, commencent à verser de l’argent pour sauver les éléphants, se réjouit Céline Sissler Bienvenue. Il faut réagir rapidement, sinon cette espèce protégée risque de disparaître. En 2009, la Sierra Leone, à l’ouest de l’Afrique, a perdu ses derniers éléphants. Au Sénégal, il n’en reste qu’une dizaine ! Si le braconnage continue, d’ici à dix ans ces animaux auront complètement disparu de certains pays d’Afrique. »

 

Valérie Petit

Publié le - Mis à jour le 04-09-2013

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