Enfants prisonniers, mineurs français Daech, chameaux - Le JT du 12 octobre 2018

Mon Fil Info - Le JT des ados - Octobre 2018

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Salut tout le monde ! Allez on est parti pour la dernière émission de la semaine. Le sommaire il arrive dans attention 3...2...1....

Les souvenirs des enfants de l'Etat Islamique. Le retour en France, ou pas, des enfants de djihadistes. Et une balade à dos de chameau.

Reconstruire les esprits après Daech

Allez pour commencer cette émission, on va s’intéresser à la Syrie. La Syrie c’est un pays qui est en guerre depuis 7 ans. Et il y a encore quelques années, c'est l'Etat Islamique qui en contrôlait une grande partie. 

Là-bas, des djihadistes ont massacré des gens et ils ont forcé des enfants à tuer eux aussi. Aujourd'hui certains de ces enfants ont pu s’en sortir. Ils vivent dans des camps de réfugiés comme celui qu’on va vous montrer. Au nord de l’Irak, pas très loin de la frontière avec la Syrie.

Regard concentré, crayon à la main. Ici, on est plein exercice. La consigne est simple, c'est cette psychologue qui l'a donnée.

«Tu dessines quelque chose qui t’a blessé. Que tu as toujours dans la tête, et que tu ne peux pas oublier.»

Du sang, des morts, des blessés, des armes aussi. En fait, tous les enfants ont dessiné la même chose : les violences et les meurtres commis par l'Etat Islamique. Tout ça, ils l'ont vu et même vécu. Maliki avait 10 ans quand on l'a forcé à faire partie de ce groupe terroriste.

«Ils m'ont mis dans un camp d'entraînement militaire, et m'ont appris à tirer. C'est là que j'ai été séparé de ma mère. Je ne l'ai jamais revue. Ils m'ont dit : tu dois tuer. Moi j'ai dit : je ne peux pas le faire. Alors, ils ont répondu : si tu ne le fais pas, c'est toi que l'on va tuer. Alors j'ai dit : d'accord.»

Des souvenirs terrifiants qu'il va pouvoir enfermer dans cette boite. Mais parmi eux, certains font quand même rire les enfants.

«Un jour j'ai fait pipi dans la nourriture des djihadistes, dans le camp d'entraînement. J'ai été dénoncé. L'un d'eux m'a dit : dis la vérité ! Qu'est-ce que tu as fait dans le riz ? J'ai dit : oui c'est vrai, j'ai fait pipi dedans.»

Une petite vengeance qui n'a pas plu du tout.

«Tu veux que je te montre ce que j'ai eu comme punition ? Tu veux vraiment ?»
«Tu étais attaché comme ça ?»
«Oui.»
«Combien de temps ?»
«Deux heures je crois.»
«Mais tu étais où ?»
«J'étais suspendu comme ça. Je me souviens très bien de cette journée. Mais ce qui me rend le plus triste, c'est que je n'ai jamais revu mes parents. C'est ça le plus dur.»

Quand il est arrivé dans ce camp de réfugiés, Gazwan était violent et il faisait des cauchemars la nuit. Aujourd'hui grâce au travail des psychologues, tout ça c’est presque terminé. Il reprend petit à petit une vie d'enfant.

Les enfants français de Daech vont-ils revenir ? 

Comme Maliki ou Gazwan qu'on vient de voir juste là, il y a aussi des enfants français qui ont vécu dans des zones contrôlées par les djihadistes. La grosse grosse différence, c'est que leurs parents à eux, ils faisaient partie de l'Etat islamique. Aujourd'hui ces enfants, ils sont plus de 100. Ils vivent dans des camps, ils sont emprisonnés dans des camps avec leurs familles. Alors ce que dit la France sur ce sujet c’est qu’en fait les parents français ils doivent rester en Syrie. Et que par contre, certains enfants eux peuvent rentrer en France.

Certains enfants ont été emmenés en Syrie par leurs parents, d'autres sont nés sur place. Ils sont en danger, physiquement et mentalement parce qu'ils ont vu et vécu des horreurs. Mais ils peuvent aussi être dangereux. A l'école, à la maison, les terroristes de l'Etat islamique ont tout fait pour qu'ils absorbent leurs idées, leurs croyances. Certains ont même été entraînés au combat.

Parce qu'ils sont mineurs, la France doit tout faire pour les protéger. C'est différent pour leurs mères. La France n'intervient pas parce qu'elles sont majeures, donc responsables de ce qu'elles font. Pour que ces jeunes puissent rentrer – tout seuls donc – il faut que leurs mères acceptent de se séparer d'eux. Sans leur accord, le retour de ces ados est impossible.

Ceux qui reviennent seront confiés à des membres de leur famille ou à un foyer. Et puis des psychologues et des médecins vont les aider à reprendre une vie normale, une vie d'enfant.

Pour ceux qui ont plus de 13 ans et qui ont participé aux combats, c'est encore différent. Eux ne seront pas rapatriés. Le gouvernement français veut qu'ils soient jugés sur place, en Syrie, comme leurs parents.

Bouchons sur l’autoroute des chameaux

Bon, bah je crois qu'après tout ça, on a mérité une pause détente, mais une grosse pause détente ! Et on va la prendre ensemble en Chine, dans le désert de Gobi. Alors pendant des siècles et des siècles, dans ce désert, il n'y avait que des marchands à dos de chameaux. Bon aujourd'hui les marchands ont disparu. Et les chameaux ils sont toujours là.


Les uns derrière les autres. Sur l'autoroute des chameaux. Ils sont des centaines à suivre le même chemin à travers les dunes.

«Numéro 491, suivez-moi !»
«Oh là j'ai un peu peur, je ne suis jamais montée sur un chameau.»

Mais le chameau, lui, il a l'habitude. Certains jours, Wang Qi Ying le chamelier organise plus de 10 balades.

«Nous le monde ça ne nous fait pas peur. Même si c'est fatigant, c'est comme ça qu'on gagne notre vie.»

Autrefois, les chameaux mettaient 30 jours pour traverser le désert, chargés de marchandises. Avec les touristes aujourd'hui, c'est beaucoup plus court : la balade ne dure qu'une heure. Faut dire qu'il n’y a pas de temps à perdre : pendant les vacances, 30.000 touristes viennent ici chaque jour.

«Vous savez en Chine on a très peu de vacances. Et où qu'on aille, il y a toujours du monde.»
«Ici c'est un endroit pour se détendre. Je préfère subir les embouteillages ici qu'en voiture.»

Pour séduire les touristes, il y a des moyens de transports pour tous les goûts : des 4x4, des quads et même des hélicos. C'est un peu un comme un parc d'attractions mais en plein désert.

Et voilà ! C’est sur ces petits chameaux que se termine cette émission. On se retrouve lundi. Bon week-end.

Producteur : Play Bac Presse; France Télévisions

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 15-10-2018
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