Edition spéciale : Salon du livre et de la presse jeunesse - Le JT du 30 novembre 1918

Mon Fil Info - Le JT des ados - Novembre 2018

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On est au Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil. Y’a des bouquins partout, l’ambiance elle est cool… Toute l’émission on va la tourner ici.

La fin du monde au Salon du livre jeunesse

Bon alors clairement si vous aimez les livres, ici c'est un peu le paradis. Y’en a de toutes les sortes, de tous les genres… Même si j’avoue, il y a un genre cette année qui est un peu plus mis en avant que les autres, c'est celui sur le thème du futur. Des futurs en fait,  parce qu'il y a mille façon d'imaginer le monde de demain. Et ça, c’est ce qu'a fait l'auteure du livre Dix jours avant la fin du monde. Et je peux vous dire qu’ici mercredi, y’avais du monde pour l'écouter parler de son livre.

Dans ce livre, l'histoire commence mal : la fin du monde, c'est dans 10 jours. « On avait prévu la terre qui se rebelle contre la connerie humaine, on avait prévu l'humanité qui s'autodétruit. Mais ça, nous ne l'avions pas vu venir. Comment aurions-nous pu, en vérité ? » La jeune femme qui lit là, c'est Manon Fargetton. C'est elle qui a écrit l'histoire. Dans le public certains l'ont déjà lue, et d'autres la découvrent. « J'ai bien aimé mais je trouvais qu'il y avait des passages un petit peu longs parfois. » « Ça m'a un peu choquée que ce soit aussi pessimiste et aussi les mots vulgaires, mais sinon il était très bien. » « Je n'arrive pas à rentrer dans l'histoire, je n'arrive pas à la lire. » C’est pas toujours très sympa pour l'auteure, mais si Manon a choisi d'écrire des romans pour les jeunes, c'est bien pour ça. « Quand ils aiment pas, ils le disent. Et quand ils aiment, ils adorent. Il y a cette espèce d'absolu, d'un coup ça devient énorme.»

Ce livre, c'est une course contre la montre. La fin du monde approche et dix jours, c'est pas beaucoup. Ça oblige à faire des choix, ça pose des questions.

« Qu'est-ce qui est important pour moi là maintenant. Avec mon âge, avec ce que je suis, c'est quoi le plus important en fait. Et tout le superflu on le dégage, et tout qu'est ce que je vais faire plus tard on le dégage, parce que c'est maintenant qui compte. »

Bon apparemment il faut réagir vite, les lecteurs ou futurs lecteurs ont 10 secondes pour répondre. « Pour regarder beaucoup de films que j'ai pas pu voir. » « Bah je m'amuserais, je lirais. » « Je ferais le tour du monde. » « Je lirais des livres. » « Je profiterais de ma famille et de ma mère. » « Je prendrais beaucoup de nourriture. » 

Bon pas de panique... normalement la fin du monde c'est pas pour tout de suite. Mais la fin du Salon du livre va arriver plus vite : vous avez jusqu'à lundi soir pour en profiter.

Rencontre avec Laura Nsafou 

Et pas de panique ! Le salon du livre on y est encore ! Maintenant on va vous parler de ce livre : Comme un million de Papillons noirs. J'avoue... c'est notre coup de cœur. En fait, il raconte l'histoire d'Adé. Adé c’est une petite fille noire aux cheveux crépus qui va en avoir marre de ses cheveux, tout simplement parce qu’on se moque d’elle. En attendant que vous lisiez la suite, je vous propose d’écouter son auteure. On est allés lui poser un max de questions !

  • Elle vient d’où l’histoire du livre ?

L'histoire de ce livre est arrivée en fait avec une anecdote qui m'est arrivée quand j’avais 8 ans. J'étais en primaire et une petite fille s'est moquée de mes cheveux, de mes nattes précisément. Du coup, je suis rentrée chez moi et j'ai dit à ma mère de défaire mes nattes. Ce à quoi ma mère a demandé : « pourquoi  ? » Puisque jusqu'ici je n’avais jamais eu de problème avec cette coiffure. Et évidemment, ma mère n’étant pas bête, elle se doutait que derrière ce refus de garder ma coiffure, il y avait eu des moqueries à l’école. Donc elle m'a dit non, et elle m’a dit que je devais m'accepter telle que j’étais.

  • C’est important d’avoir des héros qui nous ressemblent ?

Alors faut savoir que quand j'étais petite, la seule princesse Disney qui se rapprochait le plus de moi c'était Pocahontas. Et Pocahontas pourtant n'est pas noire... Donc c'est un peu difficile de trouver des héroïnes, en tout cas quand j’étais plus jeune c’était plus compliqué de trouver des héroïnes qui me ressemblaient, donc des femmes noires avec plein de pouvoirs ou des choses comme ça. J'ai grandi en cherchant dans les BD, dans les livres ou dans les films, bah des héroïnes qui me ressemblaient et je n'en ai pas trouvées.

  • Du coup on ressent quoi ?

Quand on grandit sans se voir, on finit par se dire qu'on est un problème. On finit par se dire qu'on est pas normal, qu'on est différent. Pourquoi je serai plus différente que la personne à côté de moi dans le métro ? Non, en fait j'existe et donc c’est ça aussi qui fait que quand on devient même adulte on a besoin de savoir qu'on a une présence dans cette société. On a une présence dans cette société et faut que cette société puisse nous voir aussi.

Riad Sattouf s’expose à Paris

Allez maintenant on va quitter le Salon du livre mais pas pour longtemps. Juste le temps de vous emmener à la bibliothèque du centre Georges Pompidou à Paris. Là-bas, il y a une exposition sur l’auteur et le dessinateur Riad Sattouf. Suivez le guide ! 

Riad Sattouf, c'est lui. Et là, il se balade au milieu de ses bandes dessinées, version géantes. En 20 ans de carrière, il a imaginé pas mal de personnages : le très costaud Pascal Brutal. Ou encore Esther, qui raconte sa vie d'ado. Mais son plus grand succès, c'est L'Arabe du futur. C'est une série de BD sur son enfance, entre le Moyen-Orient et la Bretagne. « Les photos du village où j'habitais en Syrie, c'est la première fois en fait que je montre ces photos. Donc là on voit la maison dans laquelle on habitait, qui est exactement comme dans la BD. On voit les bouts de fer qui dépassent... puis là c'est moi ! Regardez comme j'étais blanc. Waouh... j'étais une petite somptuosité. » L'Arabe du futur, c'est déjà 4 tomes, et ça se lit à n'importe quel âge. 

« J'étais très content en fait de découvrir la Syrie de il y a quelques années en fait, de sa jeunesse, parce qu'on en parle beaucoup aujourd'hui. » « C'est un enfant qui parle. Il comprend tout, et il voit tout et il nous permet de tout voir et de tout comprendre. Et moi j'avoue que j'ai beaucoup appris. » Et ça, Riad Sattouf, ça le fait sourire. « Il y a pas longtemps, une petite mamie vient me voir, elle me dit : la première bande dessinée que j'ai lue c'est Bécassine et la deuxième c'est L'Arabe du futur. Et en fait rien ne peut me faire plus plaisir que ça. » Et c'est ce qu'il veut : faire des BD pour ceux qui ne lisent pas de BD. Avec Riad Sattouf, y’a pas d'âge pour la bande dessinée.

Producteur : Play Bac Presse; France Télévisions

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 30-11-2018

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