Edition spéciale : Centenaire de l'armistice de 1918 - Le JT du 7 novembre 2018

Mon Fil Info - Le JT des ados - Novembre 2018

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Aujourd'hui on va se faire une émission spéciale 14-18, spéciale Première Guerre mondiale. Donc forcément on parlera ensemble des soldats, de l’un d’entre eux en particulier. Mais aussi des combats et puis de ce qu’il reste de cette guerre. 

Les « tirailleurs sénégalais » de l’armée française

Depuis le début de la semaine, le président de la République a entamé une sorte de voyage du souvenir. En fait, il se déplace dans l’Est et dans le Nord de la France pour commémorer les 100 ans de la fin de la guerre. Hier soir, il était à Reims. Là-bas il a rendu hommage aux 200 000 soldats africains qui se sont battus pour la France. On les appelle : les « tirailleurs sénégalais », et regardez, on a retrouvé le témoignage de l'un d'entre eux. 

Abdulaye NDiaye est enterré au Sénégal. C'était lui, le dernier poilu africain, à gauche sur cette photo. Il est mort il y a tout juste 20 ans. « Il est parti au front dès 1914. Il raconte son voyage de Dakar. C'est là qu'ils ont reçu les premières instructions pour quelqu’un tiré de sa brousse et qui va être soldat. » A 104 ans, ce soldat de la brousse se rappelait encore de tout. « Ma première bataille, c'était sur la Somme. C'est là qu'on a vu les Allemands pour la première fois. A ce moment-là, il faisait encore chaud. » A cette époque, certains sont volontaires, mais la plupart des Africains est forcée à combattre. Leurs pays sont des colonies françaises, ils font partie de la France. « On va leur imposer finalement un mode de vie à l'occidental... On va les habiller, on va les chausser, on va leur apprendre à se battre. Ils vont découvrir toute la modernité et aussi toute la sauvagerie finalement de la guerre à l'occidental. » Malgré les bombes, le froid et les maladies, ces soldats africains se battent comme les autres. Abdulaye NDiaye a été blessé 3 fois au combat. « Un jour on devait remonter au front, tout à coup un clairon sonne et quelqu'un crie : la guerre est finie ! » Après la guerre, Abdulaye et ses camarades africains n'ont pas été traités comme les autres poilus. La France ne les a remerciés qu’en 2001… plus de 80 ans après la fin de la guerre.

1914-1918 : Une guerre sans limite

Au final, près de 30 000 « tirailleurs sénégalais » sont morts pendant la guerre. Une guerre qui a été clairement hyper meurtrière puisque si on compte les victimes dans chaque camps, 10 millions de soldats sont morts en 4 ans. C'est énorme, et ça s'explique notamment par le fait qu'à l'époque aucune règle n'encadre les combats.

Avant la Première Guerre mondiale, les soldats ne se tapaient pas dessus n'importe comment. Ils respectaient un code. Par exemple, ils se donnaient rendez-vous pour combattre. La guerre de 14-18 est une guerre sans limite. Tous les moyens sont bons pour détruire l'ennemi. Pour la première fois, on utilise des véhicules mécaniques. Des avions, des tanks. Les soldats se battent avec des baïonnettes, de longs couteaux fixés au bout des fusils, mais aussi avec des lance-flammes... Et pour la première fois, ils utilisent des gaz toxiques. Avant, les combattants laissaient les ennemis aller chercher leurs blessés sur le champ de bataille, pour les soigner. Pendant la Première Guerre mondiale, tout ça c'est fini, on tire même sur des brancardiers. Au total, entre 1914 et 1918, près de 10 millions de soldats ont été tués. 

Des souvenirs de la guerre rassemblés

Alors si aujourd'hui on sait autant de choses sur la Première Guerre mondiale, c'est grâce aux récits, aux objets qu'on a retrouvés et qui datent de cette époque. Souvent ce sont des souvenirs de familles, que des Français ont décidé de partager. 

Dans sa main, Hubert ne porte pas n'importe quel cahier. Ce qu’il y a dedans n’a pas bougé depuis plus d’un siècle. C'est un petit livre de dessins faits par son grand-père pendant la guerre. « C'est peut-être la petite histoire qui va contribuer pour la grande histoire. » A l'intérieur du carnet, on découvre des portraits colorés. Des soldats fatigués, des camarades de tranchées, mais aussi l'ennemi, les Allemands. C’est la guerre vue de l'intérieur. « C'est une façon de représenter la guerre qu'on ne connaît pas. » «  L'histoire n'est pas réservée peut-être au travail de quelques historiens, mais elle est la propriété de tout le monde. Donc quand on a la chance de pouvoir transmettre quelque chose, on peut en être fier. » Ce précieux carnet va rejoindre près de 20 000 documents sur la guerre. Lettres, photos, testaments... ici aux Archives nationales tout est conservé. Et quand on vous dit tout, c'est tout : il y a même un manuel scolaire. « C'est dans le style patriotique. On voit le soldat allemand caricaturé, avec son casque à pointe, qui se précipite sur ces pauvres et charmantes oies pour les voler. C’était dans l’esprit de l’époque.» Celui-là est très abîmé, mais il va être restauré et rejoindra tous les autres petits morceaux d’histoire de France.

Producteur : Play Bac Presse; France Télévisions

Production : 2018

Publié le - Mis à jour le 08-11-2018
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