Le conseil sous Louis XIV

Publié le - Mis à jour le 28-08-2017

Relativement petit, le cabinet, depuis 1701, jouxte immédiatement sa chambre du côté nord. Le premier valet de chambre de quartier prend possession de la porte et fait fonction d’huissier. Seule la grande politique est traitée dans cet espace, d’où le nom de « conseil d’en-haut » pour le différencier des conseils qui se tiennent dans les ailes des ministres, dans la cour précédant la grille royale, et pour lesquels la présence physique du souverain n’est pas requise. Un fauteuil vide suffit à figurer la présence royale.

 

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Louis XIV tenant les sceaux en présence des conseillers d'Etat et des maîtres des Requêtes (c) Chateau de Versailles

Chaque jour est consacré à un conseil particulier. Le plus important est le conseil d’Etat où se traitent les principales affaires du royaume. Il se tient les lundis (tous les quinze jours), mercredis, jeudis et dimanches. Les personnes présentes, outre le roi et son fils, prennent toutes qualités de ministre. Les mardis et samedis, Louis XIV s’emploie au conseil royal des finances tandis que les vendredis sont dédiés aux entretiens particuliers entre le souverain et le père jésuite de La Chaise pour le conseil de conscience. Enfin, le conseil des dépêches se réunit les lundis, tous les quinze jours quand il n’y a pas conseil d’Etat.

Le roi apparaît en France comme le seul détenteur du pouvoir exécutif. L’image est belle, mais le souverain, pour gouverner, a toutefois besoin d’être assisté. Il s’appuie pour cela sur plusieurs instances, dont les conseils sont les principaux organes. 

Les ministres occupent une place prépondérante dans le pouvoir exécutif dans le sens où ils travaillent directement avec le roi. Outre le conseil qui réunit tous les ministres, chacun d’entre eux s’entretient régulièrement individuellement avec le roi, apportant avec soi un portefeuille rempli de documents que l’on appelle la « liasse » et qui donne son nom à ce temps studieux.

Les secrétaires d’Etat, créés par Henri II en 1547, sont devenus sous le règne de Louis XIV les principaux acteurs du gouvernement. Au nombre de quatre, ils se partagent plusieurs départements ministériels et assistent au Conseil du roi : le secrétaire d’État de la Guerre, celui de la Maison du Roi (auquel est adjoint la ville de Paris, le Clergé et la Marine), celui des Affaires étrangères et, enfin, celui des Affaires de la Religion Prétendue Réformée ou la R.P.R. (le protestantisme) et des pays d’états.
Au-delà de leurs attributions respectives, chacun des quatre secrétaires d’État se voit confier la responsabilité d’une partie du royaume, appelé « département ». Véritables hommes de métier, technocrates, les secrétaires d’État connaissent parfaitement les rouages du gouvernement. Ils ont tous fait leurs preuves dans le monde de l’administration, étant tous issus du monde parlementaire ou des finances.

Si l’on reprend la hiérarchie du gouvernement, les secrétaires d’État sont précédés par d’autres charges. Après le souverain, l’homme le plus important du point de vue de la conduite du gouvernement est le chancelier. Nommé à vie et irrévocable (il était attaché à la monarchie et non au roi lui-même), il exerce une autorité complète sur la justice du royaume.
Pourtant, une fois encore, la théorie est contredite par la réalité. La suprématie du chancelier ne vaut plus que sur le papier et sa place est honorifique car il n’assiste plus nécessairement au conseil d’En-haut. Il est progressivement écarté des affaires économiques par le contrôleur général des finances et sur lesquelles il avait jusqu’alors un droit de regard.
Cette dernière charge a été créée en 1665 pour Jean-Baptiste Colbert. Au-delà des finances elles-mêmes, celui-ci gère plus largement l’ensemble de l’administration du royaume avec les travaux publics, l’industrie, le commerce ou encore la police. Il s’appuie pour cela sur les intendants qu’il a délégués dans les provinces et qui lui rapportent directement.

Pour assister ces cinq charges, il existe différents conseils auxquels appartiennent tout ou partie des titulaires déjà nommés. 
Outre le conseil d’État, dit aussi conseil d’En-haut et déjà mentionné, on peut mentionner le conseil des Dépêches où se réunissent les quatre secrétaires d’État qui traite essentiellement, sous la présidence du roi, des affaires intérieures et de la relation du pouvoir avec ses sujets. Vient ensuite le conseil royal des Finances, mis en place après l’arrestation de Fouquet, sert principalement à évoquer la question de l’impôt, de sa collecte, de sa répartition et de son revenu. 
Le conseil du Commerce créé en 1664, traite plus particulièrement des affaires marchandes.
Il existe encore d’autres conseils, tel celui des Parties (appelé également Conseil d’État ou Conseil d’État privé pour le différencier du conseil d’En-haut) qui a une fonction juridique. 
Enfin, il existe deux conseils chargés des affaires religieuses. 

 

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