La cérémonie du lever de Louis XIV

Publié le - Mis à jour le 28-08-2017

Chaque matin, à 8h30, le premier valet de chambre, ouvre les rideaux du lit royal et déclame à son maître « Sire, voilà l’heure ». Cette phrase, dite à un monarque qui ne dort sans doute déjà plus, annonce le début officiel de la journée : la mécanique est lancée.

La première personne à se présenter est une femme, la seule autorisée pour cette cérémonie. Il s’agit de la nourrice de Louis XIV, qui, jusqu’à sa mort en 1688, vient l’embrasser. Le premier médecin et le premier chirurgien entrent ensuite pour contrôler la santé de leur auguste patient. Lorsqu’ils se retirent, « le petit lever » commence vraiment avec son défilé qui, tel un ballet obéissant à une hiérarchie précise, se déroule dans une succession de vagues déterminées par le rang de chacun. 

 

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© JM Manaï  Chambre du Roi

Aux « grandes entrées » arrivent les personnages les plus distinguées. Ceux qui le sont par la naissance – fils, petits-fils de France, et enfants naturels légitimés – ainsi que ceux qui exercent une charge auprès du souverain lors de son lever : le premier valet de chambre, qui est déjà présent, le grand chambellan, le premier gentilhomme de la chambre, le grand maître de la garde-robe, le maître de la garde-robe et le premier valet de garde-robe. 

Lors de ce petit lever, le roi est toujours dans son lit et les domestiques s’affairent autour de lui. Il se lave les mains à l’esprit de vin, puis on lui tend de l’eau bénite, et le Roi Très-Chrétien récite une première prière. 

Cette toilette sommaire ne doit pas donner l’idée d’un manque d’hygiène à la cour. La cour n’était pas le lieu rempli d’immondices que l’histoire garde en mémoire. Chaque appartement disposait de sa propre chaise percée. Par ailleurs, des latrines publiques ont été mises en place dès le règne de Louis XIII et se sont multipliées sous celui de son fils. De même, un tout-à-l’égout a vu le jour avec 35 fosses d’aisance situées sous le château. Un système d’aqueducs souterrains permettait d’en évacuer les eaux usées vers des étangs qui y gagnèrent le qualificatif de « puant ».

La question du bain était importante. A cette époque, l’eau inquiétait les praticiens qui savaient qu’elle ne pouvait être totalement propre. On pensait en outre que l’eau s’infiltrait dans les organes pour les corrompre. L’immersion ne se pratiquait donc que dans un but médical, en traitement préventif. La plupart du temps, le roi se faisait frotter avec des linges humidifié à l’esprit de vin, autrement dit de l’alcool, ou à l’eau tiède. 

C’est après ces deuxièmes entrées que commence véritablement l’habillement du roi et qu’on le coiffe d’une perruque courte. Le monarque demande alors sa chambre, autrement dit l’ensemble de ses proches domestiques.

Enfin, tout le reste de la noblesse est invité à voir le roi s’habiller complètement. C’est le moment du phénomène que l’on nomme « la presse » : une foule de plus d’une centaine de personnes se masse dans la chambre royale.

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