Les progrès des sciences nautiques sous Louis XV

Publié le - Mis à jour le 03-03-2016

Bien que ses précepteurs aient mis sous les yeux du futur roi un beau modèle de vaisseau de cent huit canons, Louis XV montra peu de goût pour la mer. Les disgrâces d’excellents secrétaires d’État à la Marine comme Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, Étienne-François, duc de Choiseul et César Gabriel de Choiseul-Chevigny, duc de Praslin, pour des fâcheries de cour, témoignent d’un règne introverti inattentif au fait maritime. Pourtant, sous le règne de Louis XV, la marine entra dans l’ère des mathématiques et de la rationalisation.

duhamel

Henri-Louis Duhamel du Monceau

Jean-Baptiste Colbert avait installé en 1671 un conseil de construction dans les ports, et réglementé les classes de navires. La fondation en 1741 de l’école des élèves constructeurs par Henri-Louis Duhamel du Monceau marqua la volonté de rationaliser la construction navale. Le corps des ingénieurs constructeurs fut créé par ordonnance en 1765 pour mettre fin à l’empirisme des charpentiers qui avaient tout dans la tête. Placés sous le contrôle de l’inspecteur général des constructions navales, leur art fut structuré par le Traité du navire, de sa construction et de ses mouvemens de Pierre Bouguer et le Traité d’architecture navale de Duhamel du Monceau.

La direction des arsenaux et des constructions navales passa en 1776 du contrôle des intendants ou officiers de plume à celui des officiers de vaisseau, puis en 1786 aux nouveaux ingénieurs. Dans la logique d’une maîtrise scientifique, la construction navale fut alors standardisée en plans types : vaisseaux de soixante-quatorze, quatre-vingts et cent dix-huit canons et de grandes frégates. L’énergie de Choiseul, l’intelligence mathématique de Jean-Charles de Borda et le génie de l’ingénieur Jacques-Noël Sané permirent d’aligner au cours de la guerre d’Amérique une flotte résolument moderne dont les plans impressionnèrent la Royal Navy, autant que sa pugnacité. Simultanément, les officiers « savants » d’une nouvelle génération intervenaient dans les travaux sur la longitude qui opposaient astronomes et horlogers.

De brillantes initiatives aboutirent à la fondation de l’Académie de marine à Brest, à laquelle le roi accorda sa protection en 1769. La Cour se passionnait sans doute pour cette agitation scientifique puisque le marquis François-César Le Tellier de Courtanvaux, capitaine colonel des Cent-suisses, membre et mécène de l’Académie des Sciences, fit construire à ses frais la corvette l’Aurore pour que l’abbé Alexandre-Gui Pingré pût essayer de nouveaux instruments parmi lesquels les horloges à longitude de Pierre Le Roy. Nicolas Ozanne, chargé de la flottille de Versailles et de l’instruction nautique du dauphin et des comtes de Provence et d’Artois, avait dessiné les plans de l’Aurore.

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