La cour de Versailles

Publié le - Mis à jour le 03-03-2016

Versailles devient le siège officiel de la monarchie pour plus d’un siècle à partir de 1682. Un vaste chantier s’est ouvert vingt ans plus tôt. Cette cour soit être vue sous trois composantes :

  • le lieu de pouvoir,
  • la société de cour,
  • la résidence royale.

Cette dernière comprend les châteaux, jardins et parcs sans oublier les maisons plus intimes qui lui sont rattachées comme Marly sous Louis XIV, Choisy sous Louis XV ou Rambouillet sous Louis XVI…

La société de cour

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présentation des membres de l'Académie des sciences à Louis XIV
Carton de tapisserie pour une pièce non exécutée de la suite de l'Histoire du Roy,
tissée à la manufacture des Gobelins
Vers 1680 Henri Testelin (1616-1695)
d'après Charles Le Brun (1619-1690)
Huile sur toile H. 348 cm ; l. 590 cm
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon,
© château de Versailles, Jean-Marc Manaï

Au sommet, le roi s’implique dans le domaine scientifique à la fois en souverain et en homme privé. Louis XIV se veut protecteur des sciences – comme il l’est des arts –, sans les pratiquer. Il se décharge volontiers sur son fils quand il s’agit d’honorer l’Académie de sa présence. Ses successeurs, Louis XV et Louis XVI sont, eux, de véritables connaisseurs qui se livrent à des observations et à des expériences. Louis XV, passionné d’astronomie, intéressé par tout ce qui touche à la médecine, découvre plus tard dans la botanique un autre moyen de se « désennuyer ». S’il se méfie des penseurs, il aime les savants.

Quant à Louis XVI, il se passionne pour la marine et la géographie (les expéditions de Thomas Cook et de Jean-François de La Pérouse), mais s’adonne aussi à la mécanique et l’artillerie, à la physique et la chimie, dans ses bibliothèques, laboratoires et ateliers qui envahissent les trois étages de ses cabinets privés.

En ce qui concerne les princes, seuls les Enfants de France (fils et petits-fils du souverain) sont élevés à la cour et y disposent d’une « maison » avec des scientifiques attachés à leur personne. Pour les princes du sang (les cousins), les Orléans, les Condé, les Conti ou les Orléans ainsi que pour les « légitimités », c’est donc ailleurs et dans leurs propres résidences qu’ils peuvent s’adonner aux sciences.

Parmi les officiers commensaux des maisons du roi, de la reine et des Enfants de France, il y a des savants qui résident et travaillent à la cour. Pour les officiers de santé, médecins, chirurgiens, apothicaires, hiérarchisés entre « premier » et « ordinaires », la charge consacre une carrière. Mais pour d’autres, c’est dans l’exercice de leur profession à Versailles qu’ils deviennent des spécialistes reconnus dans leur domaine, Cette présence de savants attachés à la cour en attire d’autres.

La notoriété préside également au choix des maîtres recrutés par les gouverneurs et précepteurs des princes, ainsi confiés aux meilleurs géomètres, géographes, astronomes qui viennent pour la durée d’un enseignement, la charge de sous-précepteur pour les sciences n’étant créée qu’au milieu du XVIIIe siècle. De passage aussi, des ingénieurs aux armées, détenteurs d’un savoir mathématique et technique remarquable, viennent voir leur ministre ou former les princes. On y rencontre encore des savants étrangers dont le plus emblématique est Benjamin Franklin qui, en mission diplomatique, y confronte ses théories avec l’abbé Nollet, maître de physique des Enfants de France.

De grands seigneurs éclairés sont choisis pour occuper les dix postes statutaires d’« honoraires » de l’Académie des Sciences. Ainsi, même au temps des Lumières, la séparation entre milieux académiques et milieux de cour semble loin d’être étanche. On se rencontre à la cour, on se retrouve dans les salons…

Tant de monde passe à Versailles, tant d’affaires s’y règlent qu’on ne peut s’étonner de cette fréquentation par des gens aussi éminents. La figure du savant à l’écart du monde et surtout de la cour qui en représente l’image extrême, serait-elle plus une posture qu’une réalité ? Il est cependant de grands absents, difficiles à repérer, et Antoine-Louis Lavoisier eût été du nombre si ses travaux, tel son rapport sur l’illumination du parc daté de 1772, n’avaient trahi sa présence sur les lieux au moins en deux occasions…

En partenariat avec Château de Versailleschâteau de versailles

résidence officielle des rois de france, le château de versailles et ses jardins comptent parmi les plus illustres monuments du patrimoine mondial et constituent la plus complète réalisation de l'art français du XVIIe siècle.

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