Artistes et commanditaires, la circulation des œuvres pendant la Renaissance

Publié le - Mis à jour le 22-06-2016

Le mécénat royal

Le « financement » des créations artistiques foisonnantes de la Renaissance est lié à l’élargissement des groupes sociaux aisés capables de les promouvoir. Rois bien sûr, princes et aristocrates, mais aussi bourgeois et marchands, banquiers, chanceliers et diplomates. 

La Renaissance est l’âge d’or du mécénat, où les artistes sont échangés, passant d’une cour à l’autre à travers une Europe de liens marchands et politiques.

Le premier mécénat reste le pouvoir royal. Au-delà des plaisirs du roi et de la cour, le mécénat du monarque donne un ton, et définit le prestige princier. François Ier, dont le pouvoir se définit dans une vie de cour non pas fixée mais « nomade », fait engager artistes et architectes, comme rosso fiorentino et Le Primatice, du fait du véritable parcours de châteaux à maintenir ou construire : Blois, Fontainebleau, Amboise, Chambord.

Le mécénat privé

En Italie, le « financement » de la Renaissance est lié aux villes, dominées par une élite commerciale lettrée et raffinée. On y trouve aussi des guildes : ces corporations de marchands et riches artisans commanditent des œuvres pour les édifices religieux.

Parmi les plus grands mécènes de la Renaissance, Cosme, puis Laurent de Médicis, banquiers de Florence, ont des agences dans toute l’Europe. En 1430, Cosme commande le david de donatello  pour la cour intérieure de son palais florentin ; en 1440 il confie toutes les fresques du couvent san marco à fra angelico. le petit-fils de cosme, laurent, passionné des arts, fréquente et soutient nombre d’artistes : verrocchio, Léonard de Vinci, Botticelli, Ghirlandaio, Michel-Ange. Laurent de Médicis s’efforce d’introduire les artistes florentins dans d’autres cours. En Italie, elles sont nombreuses : les Este à Ferrare, les Gonzague à Mantoue, les Montefeltri à Urbino, les familles Borgia et Farnese, etc.

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(1498-1499), Basilique Saint-Pierre de Rome, photo © Stanislav Traykov

Les palais du Vatican, à eux seuls, occupent à la Renaissance une infinité d’artistes : Jules II confiant ses appartements pontificaux à Raphaël, Sixte IV engageant pour la chapelle Sixtine non seulement Michel-Ange, mais Le Pérugin, Botticelli, Ghirlandaio, etc. Le « banquier » des papes, le siennois Agostino Chigi, est un célèbre mécène qui soutient financièrement des artistes comme Giulio Romano, Raphaël…

En France, le cardinal et ministre Georges d’Amboise fait bâtir des demeures par des architectes français et des peintres italiens.  A la cour des ducs de Bourgogne, le chancelier Nicolas Rolin commande un tableau de la vierge à Van Eyck (1435). Nicolas Rolin y est représenté lui-même devant la mère de Dieu : ce tableau peut ouvrir une méditation sur l’acclimatation de la peinture religieuse de la Renaissance au mécénat privé...

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