L'émiettement de l'empire carolingien

Publié le - Mis à jour le 16-02-2016

Après le démembrement de l'Empire romain d'Occident (476), s'est dessinée en Europe médiévale, entre le Ve siècle et le VIIIe siècle, une nouvelle organisation de la société.

donjon de loches
Vue des remparts enserrant le Donjon de Loches en Touraine (XIIe siècle) © DR

Mais cette époque mérovingienne puis carolingienne, voit persister un certain nombre de principes de hiérarchie et de propriété fondés sur le droit romain. Les titres de haute noblesse en sont un, comme ceux des comtes (comes, le compagnon de l’Empereur), des ducs (dux, les conducteurs des armées), ou de marquis (marchensis, celui qui défend les marches, les frontières du royaume). Le haut moyen Âge a repris ces titres, calculés et adaptés aux besoins de défense d’un souverain. les terres sont en quelque sorte le « salaire » donné par le roi à celui qui défend cette partie de son royaume. la puissance publique (royaume ou empire) est ainsi en dilution entre des acteurs aux horizons restreints, ce qui facilite une forme de « clientélisme » : les terres conquises sont divisées en possessions, concédées par un chef à ses compagnons d'armes, en récompense des services qu'ils lui ont rendus à la guerre. À partir du IXe siècle, lorsque l’empire de Charlemagne peine à faire face aux invasions normandes, lorsque règnent les discordes internes à la famille carolingienne, ce clientélisme se renforce, de petits seigneurs cherchant, face aux ennemis, à se mettre sous la protection d’un  seigneur plus puissant.

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Hordes barbares de Chrocus pillant le Languedoc, d’après gravure de Ferdinand Pertus, XIXe siècle © DR

Tendance qui se noue au fur et à mesure que s’affaiblit l’empire carolingien, dont l’émiettement est consacré en 843, au traité de Verdun : les petits-fils de Charlemagne se partagent ses territoires, divisant l’empire en trois royaumes, faisant disparaître, avec l’émergence de la « Germanie », l'identité entre Empire et État franc. On assiste à la montée d’un « système féodal », c’est-à-dire à une gestion du territoire mettant en avant l'ensemble des institutions et usages contractuels entre seigneurs de différentes puissances… La désagrégation commence au sommet, parmi les auxiliaires du pouvoir, ces ducs et marquis chargés de coordonner les activités militaires sur un vaste territoire. Leurs devoirs perdent de leur assiduité à mesure que s’émousse la puissance royale. Défendant leurs territoires de plus en plus localement, ils rassemblent en « clientèle » de protégés l’aristocratie des seigneurs de leur région, créant comme des principautés quasi autonomes. Les comtes et les ducs se détachent les uns des autres, les comtés se fractionnent. Ainsi s’affermissent les pouvoirs locaux des seigneurs des forteresses sur les populations des villages environnants, et le pouvoir se trouve-t-il distribué en un grand nombre de petites seigneuries, soudées par des rapports hiérarchiques entre seigneurs et seigneurs vassaux, à travers l’esprit des fiefs. C’est le système des rapports féodo-vassaliques qui est en train de s’établir.

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