Le sacre de Napoléon

Publié le - Mis à jour le 13-03-2017

La peinture du sacre de Napoléon 1er est une fresque historique monumentale (six mètres sur dix) servant la propagande de l'Empire. L'œuvre conservée au musée du Louvre commémore l'avènement d'un nouvel empereur, 800 ans après Charlemagne. Le général Bonaparte entre dans l'histoire sous le nom de Napoléon 1er. Une cathédrale majestueuse, Notre-Dame de Paris, sert de décor à la cérémonie. Ainsi, l'Empereur fait le lien entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux.

 

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Jacques-Louis David (1748-1825)
Le sacre de l'empereur Napoléon Ier et le couronnement de l'impératrice Joséphine le 2 décembre 1804
Vue d'ensemble
Huile sur toile
621 x 979 cm
Paris, musée du Louvre, département des Peintures, Inv. 3699
(C) RMN

 

Une véritable galerie de portraits

Dans l'assistance, les personnages, près de cent cinquante, adoptent des attitudes conventionnelles et solennelles, respectant l'ordonnance des préparatifs voulus par Napoléon. Quatre-vingt d'entre eux ont pu être identifiés. L'Impératrice est accompagnée de sa dame d'atours, Mme de Lavalette, née Beauharnais. Les maréchaux Kellermann, Pérignon et Lefebvre portent la couronne, le sceptre et l'épée de Charlemagne. L'Empereur paraissait ensuite, revêtu du manteau impérial, la couronne sur la tête, tenant dans ses mains le sceptre et la main de justice. Les ministres et les grands-officiers ferment le cortège. D'un côté s'expose le pouvoir politique avec les maréchaux et de l'autre le pouvoir religieux avec les hommes d'église. La mère de Napoléon, ses frères Lucien et Jérôme, ainsi que les maréchaux Masséna, Ney, Davoust, Augereau, Brune, les généraux Lecourbe et Mac Donald sont absents dans les faits. Pourtant, la mère de l'Empereur, Letizia, apparaît au centre de l'œuvre. Quand on sait l'importance qu'elle a eu dans la vie du futur empereur, on comprend cette place de choix. Ainsi, elle supervise l'action et semble donner son consentement muet, malgré son absence le jour du sacre.

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Jacques-Louis David (1748-1825)
Le sacre de l'empereur Napoléon Ier et le couronnement de l'impératrice Joséphine le 2 décembre 1804
Détail : les princesses
Huile sur toile
621 x 979 cm pour l'ensemble
Paris, musée du Louvre, département des Peintures, Inv. 3699
(C) RMN

L'Empereur se sacre lui-même

L'architecture est mise en valeur par les puissantes colonnes encadrant la scène du sacre. Or, ce n'est qu'un décor par plaquage qui a été rajouté dans l'édifice, assez endommagé, pour lui redonner un aspect pimpant. Le centre de la peinture occupé par le couronnement, met plus précisément Joséphine en valeur. Dans ses dessins préparatoires, David a croqué Joséphine au crayon noir, les yeux baissés en signe de respect. Napoléon va coiffer de la couronne l'Impératrice, après s'être lui-même couronné sous le regard impassible du Pape Pie VII. Par cet acte, il montre son indépendance par rapport au pouvoir religieux de Rome. Auparavant les rois de France ne pouvaient recevoir ce sacre que du clergé. David a autant réussi le portrait de l'Empereur que celui de l'Impératrice, très réalistes tous deux. Par rapport aux esquisses, il a apporté une modification, Napoléon n'est plus en train de se couronner lui-même comme sur le dessin conservé au Louvre.

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Jacques-Louis David (1748-1825)
Le sacre de l'empereur Napoléon Ier et le couronnement de l'impératrice Joséphine le 2 décembre 1804
Détail : Napoléon
Huile sur toile
621 x 979 cm pour l'ensemble
Paris, musée du Louvre, département des Peintures, Inv. 3699
(C) RMN

Un chef-d'œuvre néo-classique

Le calme émane de cette peinture inspirée par Le Couronnement de Marie de Médicis de 

  Devenant témoin de l'Histoire, David a choisi l'éclairage idéal pour la postérité avec cette luminosité vibrante. Son ambition était de «peindre juste et vrai du premier coup». D'ailleurs, les couleurs, à la dominante rouge, se fondent dans une parfaite harmonie entre décors et habits. Les ors des costumes répondant aux ors des stucs et candélabres. Le blanc vient apporter la touche de fraîcheur, de pureté nécessaire au renouveau. Chef de file du néo-classicisme, David a appliqué ses préceptes artistiques avec maestria dans ce chef-d'œuvre. Pour exprimer sa satisfaction devant l'œuvre, Napoléon aura ce mot : «Ce n'est pas de la peinture, on marche dans ce tableau».

Napoléon et David

David peint de 1806 à 1808, Le Sacre de l'Empereur Napoléon 1er et le couronnement de l'Impératrice Joséphine qui ont lieu le 2 décembre 1804. Quand il passe commande à l'artiste, Napoléon est jeune et crée sa légende, soucieux de sa gloire posthume. David a presque le double de son âge et possède son art à la perfection. De leur rencontre naissent des oeuvres qui façonnent la renommée de l'Empire.

David, premier peintre de l'Empereur

A la fois engagé politiquement et artistiquement, jacques-louis david est un artiste issu de la révolution. né à paris en 1748, il connaît différents régimes successifs jusqu'à sa mort en 1825. artiste officiel des gouvernements révolutionnaires, david a très tôt le sentiment de vivre un temps héroïque. en 1801, avec le passage du grand st bernard, il représente le premier consul dans une prodigieuse allégorie du héros franchissant les alpes sur un cheval cabré dans la lignée d'hannibal et de charlemagne. très admiratif, david se rallie très tôt à bonaparte à qui il consacre désormais tout son talent. david est fait chevalier de la légion d'honneur créée par Napoléon en 1802.

david-portrait

Autoportrait - 1794
Musée du Louvre - Paris

Une commande historique

Napoléon le charge de commémorer dans d'immenses compositions les cérémonies marquant les fastes du régime impérial. L'ampleur de la tâche le limite à l'exécution du Sacre (1806-1808) et à La Distribution des aigles (1810), alors que quatre projets devaient être réalisés. Recevant pour cette oeuvre une commande orale, il dessine alors de nombreux portraits pour toutes les personnalités présentes le jour du sacre. Présent au couronnement, il fait preuve d'exactitude dans la description de l'événement, même s'il s'octroie quelques libertés. Avant même l'achèvement de la toile, Napoléon oublie sa promesse de payer 100 000 francs à l'artiste. Suite à de longues et humiliantes tractations, David parvient finalement à obtenir, en 1810, un prix inférieur. Après son exposition temporaire au Louvre, la toile retourne, faute d'emplacement, dans l'atelier de David, tout comme La Distribution des aigles.

L'école néo-classique

David joue un rôle important dans la vie artistique française, en étant notamment l'instigateur, à la Convention, de la suppression de L'Académie en août 1793. De par sa formation classique à Rome, David apprend l'iconographie antique qui loue la grandeur de la civilisation romaine. Le style néo-classique est marqué par le réalisme de détail et une ordonnance grandiose. David sera le maître à peindre de toute une génération d'artistes, en faisant peser un véritable despotisme. Quelques élèves célèbres : Antoine Gros (1771-1835), Anne Louis Girodet (1767-1824), Francois Gérard (1770-1837), Pierre-Paul Prud'hon (1758-1823), Ingres, Jean-Baptiste Isabey, Léopold Robert. Le 29 décembre 1825 : David meurt à Bruxelles, où il s'est exilé au moment de la Restauration de la monarchie en France.

En partenariat avec Louvrelouvre

musée universel, le louvre abrite des collections couvrant une chronologie qui s'étend sur plusieurs millénaires et sur des territoires qui vont de l'amérique aux frontières de l'Inde et de la Chine.

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