Orientalisme et art islamique

Publié le - Mis à jour le 29-04-2013

L’expédition de Bonaparte a participé de la constitution d’un art « orientaliste », en faisant mieux connaître l’Égypte, et en fournissant ainsi de nouveaux sujets de rêve et d’émerveillement tant aux écrivains qu’aux peintres. La lumière si particulière du pays, ses coloris vifs, ses cieux limpides sont largement traduits dans la peinture du XIXe siècle, qui cherche à mêler un exotisme dépaysant à l’évocation des gloires passées. Bonaparte, sous le nom de Bounaberdi, ainsi que le raconte Théophile Gautier, est devenu le sujet de légendes merveilleuses que l’Arabe conteur se plaît à déclamer sous la tente... Et si les origines du goût pour cet exotisme sont à porter à l’actif des nombreux voyageurs qui sillonnent le pays, il ne faut pas oublier que la Description de l’Égypte a considérablement fait croître l’intérêt des Occidentaux du XIXe siècle pour l’art islamique, qui constitue l’une des composantes majeures de l’orientalisme.

mosquée de sinan pacha et port de boulaq

Mosquée de Sinan Pacha et port de Boulaq
(Description de l’Egypte, Etat Moderne, vol I, pl. 25)
Musée national du Château de Malmaison
© Naguib-Michel Sidhom

Bien que, dès l’expédition, certains, comme Jean-Joseph Marcel, aient commencé à constituer une collection d’art islamique, c’est de la premièremoitié du XIXe siècle que l’on peut dater le début de la reconnaissance des arts de l’Islam. L’architecte Pascal Coste et l’ingénieur Prisse d’Avennes se passionnent pour l’architecture et publient des ouvrages remarquablement illustrés. Le premier réside en Egypte de 1817 à 1827 et effectue de nombreux croquis ; le second, au service de Méhémet Ali comme ingénieur civil et hydrographe de 1827 à 1844. Il reviendra entre 1858 et 1860 pour faire photographier les monuments du Caire. Des collectionneurs commencent eux aussi à s’intéresser à cet art. De telles collections, constituées tant en France qu’en Égypte, commencent à être présentées au public dans le cadre de l’Exposition universelle de 1867, puis lors de celle de 1878 dans la galerie orientale du Trocadéro. Cet intérêt renouvelé, joint à une plus large visibilité de ces objets, va offrir aux arts décoratifs français l’occasion de puiser à cette nouvelle source d’inspiration.

En partenariat avec Institut du Monde Arabe (IMA)institut du monde arabe (ima)

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