Les sources d'information prouvant l'existance des camps d'extermination

Publié le - Mis à jour le 13-02-2015

Il est important de se rappeler qu'Auschwitz ne fut pas le seul camp de la mort construit par les nazis. Il y en eut plusieurs autres, dont Belzec, Chelmno, Majdanek, Sobibor et Treblinka, tous situés en Pologne.

Auschwitz est devenu un symbole car ce fut le camp le plus vaste, où fut tué le plus grand nombre de victimes, et aussi parce que, surpris par la vitesse de I'avancée des Soviétiques, les nazis n'eurent pas le temps de le détruire, comme ils l'avaient fait ailleurs.

Auschwitz était un vaste complexe et, entre 1941 et 1945, des millions de personnes passèrent par ce camp. Pourtant, les nazis ne laissèrent rien filtrer sur son fonctionnement. Les photos étaient interdites et les prisonniers qui, par leur travail, étaient témoins des pires atrocités, étaient régulièrement tués et remplacés.

Avant de s'enfuir d'Auschwitz, les nazis détruisirent les chambres à gaz et la plupart de leurs registres et documents. Ils savaient que ceux-ci étaient autant de preuves qui pourraient les compromettre. Cependant, d'autres sources d'information ont survécu, révélant l'étendue et la monstruosité des crimes commis.

Les documents et les témoignages nazis

Il existe de nombreux documents sur l'idéologie des nazis et sur leur politique vis-à-vis des juifs. Par exemple, on a retrouvé les rapports complets de la conférence de Wannsee de 1942, au cours de laquelle furent élaborés les plans d'une "grande machine d'extermination a l'Est" de tous les juifs d'Europe.

Les actes d'Eichmann et ses déclarations ultérieures constituent des preuves supplémentaires. En 1944, il joua un rôle capital dans I'accélération de la déportation des juifs hongrois, alors même que I'Allemagne perdait la guerre. Pourquoi tant d'acharnement à les envoyer à Auschwitz, sinon pour les faire mourir ? Lors de son procès, Eichmann n'essaya jamais de nier que des millions de personnes avaient été tuées à Auschwitz. II refusa seulement d'admettre qu'il en était responsable.

Les survivants

Quelques déportés ont survécu. C'étaient principalement les prisonniers utilisés pour le travail forcé, amenés è Auschwitz de toute I'Europe. Leurs témoignages indiscutables constituent quelques-unes des preuves les plus saisissantes.

Ces prisonniers savaient tous que, s'ils ne satisfaisaient pas aux demandes exténuantes qu'on leur imposait, ils périraient inéluctablement dans les chambres à gaz. Beaucoup d'entre eux parlent de la puanteur continuelle des corps en train de brûler, surtout après le débarquement de chaque nouveau convoi.

Les corps et le "butin"

Bien que les nazis eussent brûlé un maximum de preuves avant de quitter le camp, et bien que, durant la guerre, ils eussent envoyé des tonnes de biens personnels des victimes en Allemagne pour qu'ils soient réutilisés, il restait encore à Auschwitz, lorsque le camp fut libéré, des centaines de cadavres et des monceaux d'affaires confisquées aux prisonniers. Le butin abandonné dépassait largement le nombre des détenus enregistrés.

On trouva, par exemple, un total de 836 255 manteaux de femmes. Si I'on suppose que chaque femme arrivant à Auschwitz avait apporté un manteau avec elle, et qu'il y avait au moins autant d'hommes que de femmes, et probablement encore plus d'enfants, qui, eux, ne possédaient pas de manteaux de femme, on peut évaluer à trois millions le nombre de déportés.

Des photos de l'époque

Malgré les efforts des nazis, quelques photos subsistent. Un Sonderkommando réussit à en conserver sept, montrant les prisonniers attendant devant la chambre à gaz ainsi que le déblaiement des cadavres. De plus, un album de quelques 200 photos prises à Auschwitz a été trouvé à la fin de la guerre par Lili Jacob.

 

L'histoire de l'album de Lili Jacob

Mis à part les clichés servant à l'identification, Il était strictement interdit de prendre des photos à Auschwitz. Pourtant, en mai ou juin 1944, deux officiers SS – Bernard Walter, le chef du service des Identités, et son assistant Ernst Hoffman – obtinrent une permission spéciale pour photographier un convoi composé essentiellement de juifs hongrois qui arrivaient d'Ukraine subcarpatique. On ne sait pas pour quel motif ces deux hommes devaient accomplir ce travail… peut-être pour un document SS qui n'a jamais vu le jour. Toujours est-il qu'ils firent un album de quelques 200 photos. La plupart des clichés montre le processus de sélection sur le quai d'Auschwitz, tandis que quelques-uns dévoilent ce qui arrivait ensuite aux déportés.

L'histoire de la survie de ces photos est très étrange. Elles avaient été collées dans un album ordinaire et envoyées en Allemagne. Là, le destin voulut qu'une prisonnière s'empare de I'album. C'était madame Lili Jacob, qui venait elle-même d'Ukraine subcarpatique.

En 1945, Lili Jacob avait été déportée au camp de concentration de Dora-Nordhausen, en Allemagne. Le 2 mai, elle était à l'hôpital du camp, atteinte du typhus, lorsque les soldats américains arrivèrent. Avec quelques amies, elle cherchait à se cacher dans les baraquements allemands, lorsqu'elle aperçut I'album. Elle I'ouvrit et la première chose qu'elle vit fut une photo du rabbin de son village. Elle s'évanouit sur le coup. Plus tard, à I'hôpital, en feuilletant I'album, elle découvrit plusieurs photos des membres de sa famille qui avaient été déportés à Auschwitz et qu'on n'avait jamais revus.

Lili Jacob émigra aux Etats-Unis et emporta I'album avec elle, conservant précieusement les seules photos qui lui restait de sa famille disparue. Ce n'est que beaucoup plus tard qu'elle prit conscience de son exceptionnelle valeur historique. L'album est maintenant au Yad Vashem, le mémorial de la shoah à Jérusalem, en Israël.

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