Le rêve oriental de Bonaparte

Publié le - Mis à jour le 29-04-2013

En 1798, le Directoire décide secrètement de mener une campagne militaire en Égypte et d’en confier la direction à Bonaparte, jeune et déjà célèbre général de 29 ans. Il s’agit tout autant d’éloigner cet ambitieux fort encombrant que de chasser les Anglais d’Orient. Une armée de plus de 35 000 hommes est réunie. Après avoir échappé à la flotte anglaise de l’amiral Nelson, Bonaparte et ses troupes s’emparent d’Alexandrie le 1er juillet 1798. « Gloire au sultan, malédiction aux Mamelouks et bonheur au peuple d’Égypte » proclame aussitôt le général, qui souhaite se présenter en libérateur et non en conquérant, et précise qu’il respectera le Coran.

la bataille d'aboukir, 25 juillet 1799

le jeune, la bataille d'Aboukir, 25 juillet 1799, Huile sur toile
Etablissement public du musée et domaine de Versaille
© RMN – © Gérard Blot / Jean Schormans

Débute une série de grands affrontements, avec la victoire des Pyramides, remportée le 21 juillet 1798 sur les Mamelouks. C’est là que Bonaparte aurait lancé sa fameuse apostrophe : « Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent ! » Mais, quelques jours plus tard, Nelson détruit toute la flotte française dans la baie d’Aboukir. À deux reprises, les habitants du Caire se révoltent : l’insurrection est noyée dans le sang. Une partie des troupes poursuit les Mamelouks en Haute Égypte, tandis qu’une campagne en Syrie se termine, malgré quelques victoires, en défaite. La victoire d’Aboukir (1799) contre les Turcs laisse un temps espérer un retournement, mais la situation est désespérée.

Parmi les nombreuses raisons de cet échec figurent les difficiles conditions de vie des soldats : chaleur et poussière étouffantes, uniformes peu adaptés, manque de nourriture… La peste et la dysenterie paralysent les troupes, lemoral faiblit.
De son côté, Bonaparte administre le pays en s’appuyant sur les hauts dignitaires autochtones, qu’il réunit dans des diwans. Mais il finit par comprendre que, tant du point de vue militaire que politique, la situation est sans issue : dans la nuit du 22 août 1799, il quitte discrètement le pays pour rentrer en France. Le général Kléber, à qui il a confié le commandement de l’armée, remporte à Héliopolis une dernière victoire sur les Turcs, avant d’être assassiné. Le général Menou, qui prend sa suite, est finalement contraint de capituler, le 2 septembre 1801. C’est la fin du rêve oriental de Bonaparte.

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