L'expédition d'Egypte de Bonaparte : une armée de savants

Publié le - Mis à jour le 12-03-2015

L’expédition militaire s’est certes accompagnée de tueries effroyables et d’exactions en tout genre. Mais en même temps, elle a permis des études innombrables, dans tous les domaines des sciences et des arts. Car Bonaparte a demandé qu’un nombre de savants tout à fait inusité – près de 170 – accompagne l’armée.

Dès le débarquement, voici donc ces soldats d’un nouveau genre, les meilleurs dans leur branche en dépit de leur jeune âge, qui semettent à étudier l’artisanat et l’agriculture, à collecter plantes, animaux ou roches, et à dessiner, dans un inconfort permanent, instruments de musique, maisons, mosquées ou antiquités pharaoniques. Dominique-Vivant Denon, dira combien il était heureux de trouver, en guise de table à dessin, les genoux d’un soldat… Dès le 22 août 1798, Bonaparte fonde l’Institut d’Égypte, qui regroupe les plus éminents d’entre eux.

Leur travail est également placé sous le signe des échanges. Ils ont pour charge d’améliorer le sort des Égyptiens et des troupes en travaillant à la transformation du pays. Il leur est demandé de participer aux tâches d’administration et de mise en valeur du pays. Ils expliquent et enseignent des techniques occidentales, parfois à l’aide d’expériences spectaculaires. Le chroniqueur Abd al-Rahman al-Jabarti (1754-1825) décrit dans son journal, rédigé pendant l’expédition française, une machine « dans laquelle tournait un verre et qui, par son mouvement, produisait des étincelles à l’approche d’une masse et émettait des crépitations »; il précise que, si on la touchait, on recevait alors une secousse. Mais la démonstration d’une montgolfière s’élevant dans les airs le laisse de marbre…

Les savants recueillent également des savoir-faire locaux : la médecine les intéresse, mais aussi quantité d’autres domaines, moulins à plâtre, norias, « fours à poulet » pour faire éclore les poussins en grand nombre sans l’aide des poules, autant de techniques qui seront rapportées en France et feront l’objet de publications.

Tous ceux qui ont participé à la campagne d’Égypte en seront marqués à vie. Tous demeureront pour leurs contemporains « les Égyptiens ».

savants mesurant la main du colosse de ramsès ii

Savants mesurant la main du colosse de Ramsès II
Description de l’Égypte, Paris, 1809-1829,
André Dutertre (dessinateur), Delignon (graveur),
Musée national des Châteaux de Malmaison
© Naguib-Michel Sidhom

 

En partenariat avec Institut du Monde Arabe (IMA)institut du monde arabe (ima)

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