Méhémet Ali : les cadeaux diplomatiques à la France

Publié le - Mis à jour le 01-04-2015

Méhémet Ali avait compris qu’il lui fallait aligner l’Égypte sur le niveau culturel et scientifique occidental, sans pour autant négliger les racines culturelles et religieuses profondes de son pays. C’est pourquoi il décida d’envoyer en formation en France les jeunes Égyptiens les plus brillants. Quarante-quatre étudiants furent ainsi accueillis en 1826 à Paris par Jomard, dans le cadre de la « mission scolaire égyptienne ». Parmi eux, Rifaa al-Tahtaoui (1801-1873), qui publiera à son retour L’or de Paris : relation de voyage 1826-1831. Il sera par ailleurs à l’origine de l’ordonnance du 15 août 1835 qui fixe un cadre général pour l’organisation des fouilles et la création d’un musée pour la conservation des collections. Il participera activement à la réforme de l’instruction et à un programme de traduction d’ouvrages.

buste de mariette pacha

Buste de Mariette Pacha
Alfred Jacquemart, 1888
Château-Musée, Boulogne-Sur-Mer

Dans le même temps, Méhémet Ali s’entourait de Français spécialisés dans les domaines les plus divers, et dont les noms sont souvent arabisés, tels le docteur Clot bey qui crée des hôpitaux et la faculté de médecine, l’architecte Pascal Coste, des spécialistes de travaux hydrauliques comme Charles Lambert quimodernise l’irrigation, le colonel Sève (plus connu sous le nom de Soliman Pacha) qui réorganise l’armée, Louis-Alexis Jumel qui participe au développement de la culture du coton à fibre longue, ou encore Auguste Mariette Pacha, grand égyptologue, premier directeur du Service des antiquités.

Dans le domaine plus strictement diplomatique – et plus anecdotique – la période va connaître deux événements d’importance : Mohammed Ali offre au roi Charles X un girafon baptisé Zarafa. Le roi le reçoit en grande pompe à Saint-Cloud au début de juillet 1827 ; dans les mois qui suivent, plus de 600 000 visiteurs se pressent au Jardin des plantes.

Le second cadeau diplomatique était plus prestigieux encore : il s’agit des deux obélisques du temple de Louxor. Un seul est transporté, qui arrive le 23 décembre 1833 après un voyage périlleux : cette masse de plus de 22 m de haut, pesant quelque 230 000 kg, sera érigée sur la place de la Concorde le 25 octobre 1836, en présence du roi Louis-Philippe, sous les applaudissements d’une foule immense.

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