Le mot laïcité

Publié le - Mis à jour le 01-04-2015

Un substantif récent

Le substantif laïcité est d’un emploi et dispose d’une origine relativement récents. Il faut attendre le début des années 1870 pour qu’il ne soit plus simplement un adjectif définissant ce qui n’est ni religieux, ni ecclésiastique. La première définition argumentée en sera fournie par Ferdinand Buisson, en 1887 dans son Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire. Si l’on cherche à identifier les racines étymologiques du mot, elle est à rechercher dans le mot grec « laos », qui désigne le peuple, considéré comme un tout à la fois indivisible et indifférencié. Non pas le peuple dans sa dimension politique, le « démos », ou perçu au travers de ses caractéristique culturelles ou civilisatrices, l’ « éthos », mais la collection des êtres humains, quelles que soient leurs origines, leurs croyances, leurs aspirations, vivant ensemble à un moment déterminé.

Les origines intellectuelles

La tolérance religieuse, qui a été défendue en France et en Angleterre pour mettre un terme aux guerres de Religion, par John Locke, Pierre Bayle ou Voltaire constitue le creuset dans lequel s’est forgé l’idée de laïcité. Mais si la tolérance constitue un progrès évident (l’adoption de l’Edit de Nantes en 1598 en est la preuve) elle suppose, de la part de celui qui l’exerce, une certaine condescendance car, finalement, l’on ne tolère que ce à quoi l’on n’adhère pas ; ainsi tolère-t-on les erreurs que l’on impute aux autres. Elle n’est pas nécessairement absolue, n’en bénéficient que les comportements ou les convictions qui en sont jugés dignes ( l’Edit de Nantes ne disait rien des juifs, John Locke refusait de tolérer les athées ), elle peut être réversible. Pour se rapprocher de la laïcité, elle doit devenir mutuelle et reposer sur l’affirmation d’une égalité entre les diverses convictions.

Les adjectifs

Dès l’origine la laïcité a suscité des débats. Animés essentiellement par ses adversaires, ils ont également opposées ses défenseurs. Aujourd’hui le débat sur le sens qu’il convient de donner à la laïcité se complète d’une polémique autour de la possibilité de lui adjoindre des qualificatifs. Laïcité « plurielle », laïcité « ouverte ». Ces adjectifs ont toute chance d’en affadir la signification. L’utilisation, en 2007, par le Président de la République française du concept de « laïcité positive » va beaucoup plus loin. Elle suggère que la laïcité, telle que pratiquée, serait « négative » et tend à valoriser la contribution civilisatrice de la croyance au détriment de la raison.

Les conditions de la laïcité

Pour qu’il y ait laïcité, il convient d’abord qu’existe un espace public au sein duquel puisse se construire la « res publica ». Dans cet espace public, chaque homme est reconnu comme individu, indépendamment des convictions ou appartenances qu’il peut, par ailleurs, revendiquer. A côté, subsiste l’univers des identités sociales, des recherches personnelles de sens. Mais ils doivent être rigoureusement séparés, les qualités qui permettent de s’y mouvoir n’étant pas de même nature. Cette séparation justifie l’impossibilité pour l’Etat de s’intéresser à l’espace privé autrement qu’en fixant des limites générales à l’expression des singularités. C’est ce que l’on appelle l’ordre public. Il faut ensuite que l’homme soit libre de ses croyances et de leur expression dans l’espace privé, aussi bien à l’égard de l’Etat que des autres convictions. Enfin, tous les hommes doivent être reconnus égaux en droits. 

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Laïque et indépendante, la Ligue de l’enseignement réunit des hommes et des femmes qui agissent au quotidien pour faire vivre la citoyenneté en favorisant l’accès de tous à l’éducation, la culture, les loisirs ou le sport. Des centaines de milliers de bénévoles et plusieurs milliers de professionnels se mobilisent, partout en France, au sein de près de 30.000 associations locales et d’un important réseau d’entreprises de l’économie sociale.

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