A l'école, le handicap

Publié le - Mis à jour le 28-03-2015

« L’école et l’enfant avec un handicap sont appelés à vivre ensemble » rappelait le ministre de la Santé en ouverture d’un colloque à Marseille le 13 octobre 2003.

L’article 4 de la loi d’orientation de 1975 fixe une obligation de scolarisation pour les enfants handicapés. Trente ans plus tard, elle n’est pas réalisée : trop d’enfants sont encore hors des circuits.

Théo, 12 ans, a de la difficulté à coordonner ses mouvements. Les enseignants et directeurs d’école se sentant mal préparés pour accueillir ce type d’élèves, ses parents ont dû lutter pour le faire scolariser. Aujourd’hui, Théo est en CM2 dans une école ordinaire aménagée pour scolariser des enfants handicapés moteur. Ses parents espèrent qu’il pourra passer en sixième dans une classe ordinaire.

Mohamed Jeddi a 21 ans et est aveugle. Il est scolarisé en Premiere S au lycée Bascan, un lycée ordinaire de Rambouillet. Nous rencontrons Isabelle Allary-Jean, Proviseure adjointe du lycée, et Isabelle Spartatis, enseignante spécialisée dans l’Unité Pédagogique d’Intégration du lycée, dont le travail auprès de Mohamed est de lui rendre accessible tout ce qui est support écrit.

Pourtant, pendant longtemps, les parents d’enfants handicapés n’ont eu pour seul recours que de garder leurs enfants au sein de la famille à défaut d’obtenir une place dans un établissement spécialisé. Inscrit dans la loi, l’objectif d’intégration scolaire n’a jamais été concrétisé faute de moyens humains et budgétaires, comme le soulignent plusieurs rapports. Augmenter le nombre de places dans les classes d’intégration scolaire (les Clis à l’école élementaire) ou les unités pédagogiques d’intégration (les UPI au collège et au lycée), améliorer les services d’accompagnement (SESSAD, auxiliaires de vie scolaire), compléter la formation des enseignants sont des orientations rappelées dans chaque plan.

une unité pédagogique d'Intégration (UPI) rassemble au maximum 10 élèves avec un handicap similaire au sein d’un collège ordinaire. A Toulouse, l’UPI accueille des élèves avec un retard intellectuel, d’âges et de niveaux différents. Selon leurs capacités, ils combinent les cours au sein de l’UPI avec ceux du collège et les ateliers de SEGPA. Des collégiens témoignent de leur nouveau regard sur le handicap.

A propos des formations spécialisées : le CAPA SH et le 2CA-SH se substituent au CAPSAIS, abrogé en 2004.

Plusieurs ministères se partagent la mise en oeuvre de la scolarisation des enfants handicapés : le ministère de l’Education nationale a pour mission d’accueillir enfants et adolescents dans les écoles, collèges, lycées et universités ; le ministère en charge de la santé a compétence sur les établissements spécialisés, tandis que le ministère de la Santé est impliqué budgétairement au travers des prises en charge.

Recommandations