T’es qui toi ? - Vinz et Lou

Publié le - Mis à jour le 21-03-2016

À la fin du spectacle, Agathe, petite fille trisomique, salue sous les applaudissements de la salle. Dans sa loge, Lou est venue la féliciter alors que Vinz ne cesse de la dévisager. Lou tente alors d’expliquer à son frère ce que son amie a de différent. Mais visiblement, elle n’a pas tout compris…

Objectif de ce dossier : Des questions, c’est mieux que des élucubrations

Thèmes abordés

  • L’ignorance crée la distance ou la moquerie
  •  Le regard insistant sur les autres, parce qu’ils sont différents, souligne ses propres préjugés
  • Il faut oser se le dire… Oser en parler et oser poser des questions
  • Avec un handicap, il est possible d’avoir des passions et de les pratiquer, il faut oser aller au bout de ses passions

Décryptage du dessin animé

Quel personnage Agathe joue-­t-­elle sur scène ?

Agathe joue le rôle du papillon, elle donne la réplique à un garçon en costume de chenille.

Où se retrouvent Vinz et Lou après la représentation ?

Lou a emmené Vinz voir son amie Agathe dans sa loge pour la féliciter.

Que veut dire Lou lorsqu’elle explique à Vinz qu’Agathe « tridémite » ?

Lou n’a pas bien compris le nom du handicap d’Agathe, la trisomie, elle le répète de façon déformée.

Qu’est-­ce que comprend Vinz ?

Vinz imagine Agathe en train de trier des mites dans des boites.

Quelle est l’attitude de Vinz vis-­à-­vis d’Agathe ?

Vinz regarde Agathe comme une bête curieuse, comme si elle ne s’en rendait pas compte… Puis, toujours sans lui poser de questions, il parle d’elle sans se soucier de sa présence.

Comment Agathe réagit-­elle ?

Agathe est gênée par ce regard et ces paroles, elle se défend.

Comment Vinz aurait-­il dû se comporter avec Agathe ?

Vinz aurait mieux fait de lui poser des questions au lieu de la dévisager.

Qu’explique Vinz à Lou au sujet d’Agathe ?

Vinz explique à Lou qu’Agathe est porteuse de la trisomie 21. D’abord avec des mots savants puis il utilise le mot mongolien qui vient du langage courant

Qu’est-ce que Lou comprend à ces explications ?

A cause du mot mongolien, Lou imagine sa copine Agathe dans les steppes de Mongolie, elle est admirative.

Pourquoi Bob et Diego interviewent-ils Agathe à la sortie de la MJC ?

Agathe est la « star » du jour ! Bob et Diego écrivent un article sur sa participation à la pièce de théâtre pour le journal de la MJC.

Pourquoi Lou ne laisse-t-elle pas son amie Agathe répondre elle-même ?

Lou veut montrer qu’elle a bien compris ce que Vinz lui a expliqué, de plus, elle est très fière de son amie Agathe.

Activités

La boîte à questions

Objectifs : libérer la parole et lutter contre les idées reçues

Fabriquer ou faire fabriquer une boîte en carton dans laquelle les élèves pourront déposer, pendant une durée à déterminer par l’enseignant, toutes les questions qu’ils se posent sur le handicap mais qu’ils n’oseraient pas poser à haute voix (les questions sont anonymes).

Les questions pourront être spontanées ou faire suite à un débat préliminaire pour servir de «modèle » pour la suite. Veiller à la diversité des questions (questions « médicales » et questions sociales) et à encourager la liberté d’expression.

Exemples de question :

  • C’est quoi la trisomie 21, l’autisme… ? Est-­ce que ça s’attrape ? Est-­?ce que ça fait mal ?
  • Est-­ce qu’on peut l’inviter à notre anniversaire ? Est-­ce qu’on peut lui parler de son handicap ?
  • Un médecin dans un fauteuil roulant, c’est un bon médecin quand-­même ?

À l’ouverture de la boîte, les questions seront lues à haute voix par tous les élèves et donneront lieu à un débat. Dans un premier temps, chacun pourra alors réfléchir aux questions de ses camarades et partager des éléments de réponse avec ce qu’il imagine, ce qu’il sait ou croit savoir (à ce stade, il peut être intéressant de recueillir les représentations des élèves sur le handicap).

Ensuite, on pourra demander aux élèves de faire un travail de recherche. Pour certaines questions, montrer qu’il n’existe pas de réponse toute faite -­? par exemple pour tout ce qui concerne les relations avec les personnes handicapées, et qu’il est toujours préférable d’entrer en relation.

Activités autour du langage

Mots placés

gille_t'as quoi, t'es qui ?

Anagrammes

A partir des lettres du mot « chromosomes», former des mots de 6 lettres (morose, hommes, chrome, chômer, moches, roches)

Pour élargir le débat

  • Travail sur les représentations l’on a des autres 
  • à partir de quels éléments, indices ou comportements se fait-­?on une idée sur quelqu’un ?
  • comment se construisent les généralités ?
  • comment déconstruire cette image toute faite ?
  • Le handicap ne prive pas de vie sociale ou familiale
  • Le poids du regard des autres
  • Comment aborder une personne handicapée ? Ici Vinz ne s’y prend pas bien du tout

En savoir plus…

Films

  • Le Huitième jour -­ Film de Jaco Van Dormael (avec Laszlo Harmati, Michèle Maes, Henri Garcin, Isabelle Sadoyan, Miou-­?Miou, Pascal Duquenne,

Daniel Auteuil.) Harry (Daniel Auteuil) est un homme seul qui ne vit que pour son travail de cadre dans une banque. Il se force à aller bien, en essayant de ne pas penser à sa femme, Julie (Miou-­?Miou), qui est partie car il négligeait sa famille, en prenant avec elles leurs deux petites filles. Une nuit, il rencontre sur le bord d’une route de campagne Georges (Pascal Duquenne), un handicapé mental atteint de la trisomie 21, qui ne vit quant à lui que dans l’instant. Il vient de partir du centre spécialisé dans lequel il était placé pour retrouver sa mère. En manque d’affection et de repères, Georges va s’accrocher à Harry. Les deux hommes vont se lier d'amitié, au point qu'Harry, qui souhaitait au départ le ramener au centre, ne puisse plus se séparer de Georges. Ce dernier va l’aider à reprendre goût aux valeurs simples et douces de la vie et à comprendre les erreurs qu’il a pu commettre par le passé. Ce grand succès (plus de 3,6 millions d’entrées en France) de Jaco Van Dormael a été présenté au Festival de Cannes 1996 où Daniel Auteuil et Pascal Duquenne ont reçu le prix d’interprétation masculine. En tournant ce film, le réalisateur désirait mettre en lumière la stigmatisation dont souffraient les handicapés dans la société. Jaco Van Dormael, rare, n’a réalisé qu’un film depuis la sortie du Huitième Jour en 1996 : Mr Nobody, avec Jared Leto, en 2010.

  • Elephant man (film de David Lynch, 1980)

Livres

  • Mon amie est trisomique, Ed. Cheneliere Education

"Sarah est trisomique : elle est atteinte du Syndrome de Down. Mais ça ne nous empêche pas d'être amies. On suit des cours de ballet ensemble, on se raconte des blagues et on s'amuse beaucoup. Je suis contente que Sarah soit mon amie !"

Articles de presse

trisomie 21: la "vie rachetÉe" d'ENRICO -­ ZF12071909 -­ 19-­07-­2012 Vingt sur vingt au bac ! (Traduction d’Hélène Ginabat)

ROME, jeudi 19 juillet 2012 (ZENIT.org) – « Je souffrais comme un chien », mais désormais, « je cours irrésistiblement à la rencontre de ma vie rachetée » : c’est en ces termes que s’exprime le jeune Enrico Cancelli, atteint du « syndrome de Down » – la trisomie 21 -­, qui vient d’asséner un coup fatal à sa pathologie. A l’épreuve du baccalauréat italien, la « maturità », il a obtenu la note de 20 sur 20. Un article de Christina Serra, publié dans Il Piccolo, retrace le parcours du jeune bachelier italien, originaire de Trieste. Zenit en publie ici la traduction.

Un diplôme professionnel

Un sourire à la fois perplexe et malicieux sur les lèvres, Enrico serre entre ses mains son ‘attestation de baccalauréat’. C’est le même sourire qu’il offre quelques minutes plus tard en posant pour les photos avec son enseignante et la commission. L’épreuve du baccalauréat est pour tous un défi et le premier véritable rendez-vous avec la vie. Mais pour Enrico Cancelli, les rendez-vous avec la vie ont commencé bien plus tôt. La trisomie, accompagnés d’un sévère déficit de communication, ont transformé en une rude montée ce qui, pour les autres, est un parcours de vie normal. Mais l’endurance est une vertu qui ne fait pas défaut Enrico. Son succès scolaire, à l’institut professionnel Sandrinelli, Enrico a choisi l’option tourisme et a obtenu son diplôme avec la note maximale, n’était que la dernière d’une longue série d’épreuves. Enrico a suivi un parcours « en alternance », réduit en quantité mais non en qualité, et il a travaillé dans une exploitation à Monrupino, suivi par un tuteur de l’entreprise qui l’a dirigé vers l’élevage des moutons. C’est justement sur le thème de l’élevage des moutons qu’il a été interrogé à l’examen, ce qui lui a valu la note maximale ; et c’est aussi le travail auquel il se consacrera à l’avenir.

La communication facilitée

Enrico était, pendant les premières années de sa scolarité, un enfant joyeux, porté vers le chant et aimant plaisanter. A l’adolescence, la prise de conscience de sa différence et les premières gifles sont arrivées. Se repliant sur lui-même, il a cessé de parler, de chanter et de communiquer. « Le tournant dans son parcours d’apprentissage, et de vie, est arrivé en 2009, quand nous nous sommes intéressés à la technique de la Communication facilitée, enseignée à l’association ‘Droit de Parole’, à Gorizia, qui met au centre de l’attention la personne handicapée avec des troubles de langage », explique Bianca Mestroni, la maman d’Enrico. La Communication facilitée est née en Australie dans les années soixante-­dix : c’est une technique qui permet de combler l’écart entre les capacités cognitives et les capacités d’expression, en se servant d’un clavier ou de lettres de l’alphabet. « La présence d’un facilitateur est prévue : une personne formée qui, sans intervenir, soutient la main, le pouce, le poignet ou le bras du patient pour l’aider à taper sur un clavier d’ordinateur », explique Michela Manca, enseignante de soutien d’Enrico. L’objectif final est d’atteindre l’autonomie communicative qui faisait défaut.

« Je souffrais comme un chien »

Depuis 2009, Enrico a vécu une nouvelle naissance, au point que trois mois à peine après le début de cette expérience, il écrivait : « Jusqu’ici, je ne savais pas que je savais répondre, je pataugeais dans mon handicap, en souffrant comme un chien ». Deux personnes l’ont accompagné sur ce parcours : l’enseignante Manca, à ses côtés depuis 2009 jusqu’au baccalauréat, et Gianna Stabile Bonifacio, qui l’a suivi spirituellement et l’a aidé au catéchisme, le poussant aussi à se lancer comme rédacteur du journal paroissial. Sans la Communication facilitée, Enrico aurait été considéré comme « atteint d’un retard mental grave ». Voici ce qu’il a écrit sur la première page de sa dissertation d’examen : « Monrupino, oasis heureuse où l’on retrouve la paix et les rêves dorés des aspirations poétiques ! J’emprunterai tous les moyens nécessaires pour continuer de travailler sur cette terre fertile, courant irrésistiblement à la rencontre de ma vie rachetée ! »

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