La photographie dans la presse féminine

Publié le - Mis à jour le 29-02-2016

La photographie dans la presse féminine

Plus d’un Français sur trois en lit. Et les jeunes n’en sont pas les moindres consommateurs. Un garçon sur cinq avoue même en prendre connaissance ! La presse féminine séduit, notamment grâce à la fonction qu’elle assigne aux photographies, dont elle fait jouer tous les ressorts. Feuilleter quelques exemplaires de magazines en classe fait ainsi prendre conscience aux élèves de sa spécificité visuelle.

À la découverte des « familles »

Laisser les élèves recenser les titres de magazines destinés à un lectorat féminin qu’ils connaissent. Quels sont ceux qu’ils lisent (ou feuillettent) volontiers et ceux qu’ils connaissent sans les lire ? De quoi « parlent » ces magazines ? Les clichés l’emporteront peut-être dans les réponses à cette question. La démarche de l’exercice visera à les corriger.

S’essayer à dresser une typologie des « féminins » selon les critères que les élèves énonceront eux-mêmes. Puis avancer les « sous-familles » à l’intérieur desquelles sont généralement classés les magazines féminins : les « Pratiques » (ex : Modes et Travaux, Prima) ; les « Populaires » (Nous Deux, Femme Actuelle, Version Femina…) ; les « Haut de Gamme » (Cosmopolitan, Elle, Marie Claire...) ; les « Féminins Jeunes » (Be, Grazia…) ; les « Féminins Ados » (Girls, Star Club…) ; les « Féminins Luxe » (L’Officiel, Vogue…) ; les « Féminins ethniques » (Amina, Gazelle…) ; et, plus à la périphérie, les « Familiaux » (Parents, Enfant Magazine…) et les « Féminins Santé » (Top Santé, Psychologies…). N’en relèvent donc pas (et appartiennent à une autre « famille ») les magazines « People » et « Séniors ».

Des couvertures de magazines

S’appuyer sur l’observation de quelques couvertures de magazines féminins pour en analyser la mise en valeur : nature du visuel, cadrage et effets induits, rapport de surface texte/image, impact de la photo… Dégager les constantes observées et s’interroger sur leurs objectifs : des visages ou des corps majoritairement féminins, une jeunesse et une santé mise en évidence, un bonheur affiché… ; un regard adressé au lecteur spectateur (établir une connivence avec le lecteur) ; une grande qualité de photographie et d’impression.

Quel est l’objectif de ce genre de couverture ? On choisira, en argumentant, celui qui, parmi les objectifs suivants, se rapporte le plus aux couvertures de « féminins » : informer, argumenter, intriguer ou frapper l’imagination, témoigner d’une recherche esthétique, illustrer un article ou… faire vendre. Comparer avec l’emploi des photos de unes d’un quotidien d’actualité pour mesurer la différence dans les objectifs visés.

D’une page à l’autre

Feuilleter un magazine féminin (c’est d’ailleurs le mode de lecture courant de ce type de périodique) : quelles sont les impressions générales des élèves ? Leur faire prendre conscience que les pages se partagent entre contenu éditorial (rédigé par l’équipe du magazine) et publicitaire. Dégager une structure générale dominante dans le déroulement éditorial : une ouverture fréquente sur plusieurs doubles pages de pub, un sommaire, puis une alternance réglée rédactionnel (page de gauche) / pub (page de droite) ; les images publicitaires sont presque toutes en pleines pages, à bords perdus. Pourquoi appelle-t-on certains des « féminins » des « magalogues » ?

Faire compter les pages de publicité d’un même magazine. Gageons que les élèves ne trouveront pas tous le même nombre ! Des pages ont en effet un statut ambigu et se prêtent à une lecture brouillée. Certaines relèvent de ce qu’on appelle le publi-rédactionnel (ou publimarque : un contenu promotionnel, mais réalisé par les rédacteurs du magazine). D’autres, rédactionnelles, présentent des traits qui en font des prolongements des publicités.

Choisir, parmi ces dernières, des duos pages rédactionnelles / publicités qui, photocopiés et mélangés, devront être reconstitués par les élèves selon les critères qu’ils devineront. Sera ainsi esquissée une typologie des correspondances entre pages éditoriales et publicitaires contiguës : causales (un article pose une question – « comment rester jeune ? » – à laquelle « répond » une pub), graphiques (des formes ou des motifs communs créent des effets de symétrie), chromatiques (des correspondances de couleurs), thématiques (les pages évoquent un même thème – la nature, l’évasion…).

La fiche pédagogique est réalisée par le CLEMI

Objectif : Découvrir des stratégies de communication visuelle et prendre conscience d’un modèle d’économie des médias fondée sur l’importance de la publicité.

Matériel : Un grand nombre d’exemplaires de la presse magazine féminine, reçus notamment à l’occasion de la Semaine de la presse

Ressources : Jean-François Barbier- Bouvet, La Lecture de la presse magazine par les jeunes adultes, Bibliothèque publique d’information Centre Georges-Pompidou, 2009

Le conseil du CLEMI : en contrepoint de ce travail sur les magazines féminins « classiques », on ne négligera pas la nouvelle génération de magazines destinés aux femmes qui, féministes (Causette) ou participatifs (Paulette), offrent une autre image de la femme (dans les deux sens du terme) et de sa place dans la société.

en partenariat avec centre de liaison de l'enseignement et des moyens d'information (clemi)centre de liaison de l'enseignement et des moyens d'information (clemi)

le clemi a pour mission d'encourager l'utilisation pluraliste des moyens d'information en classe, à tous les niveaux d'enseignement et dans toutes les disciplines. il poursuit un objectif civique d'éducation aux médias et à l'actualité, avec le concours actif de tous les professionnels de la presse.

 

Recommandations