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Sommes-nous condamnés à l’austérité ?

Decod'éco - Saison 1

Publié le - Mis à jour le 24-04-2017

Austérité. Un mot qui ne fait pas franchement rêver. Et pour cause ! Quelqu’un d’austère est une personne rigoureuse et sévère, limite rabat-joie. Eh bien en économie, l’austérité, c’est un peu pareil !

Une politique d’austérité, ou de rigueur, consiste à augmenter les impôts, ou à réduire les dépenses publiques, voire les deux en même temps ! Depuis des années, c’est plutôt ce que font les gouvernements qui jugent qu’il faut réduire leur dette publique devenue trop élevée.

Il est vrai que cette dette, en France, n’est pas négligeable. Elle s’élève à 2 160 milliards d’euros fin 2016. C’est 98% du produit intérieur brut. À l’origine de la dette, il y a des années de dépenses publiques supérieures aux recettes, ce qui crée un déficit budgétaire. L’écart entre les deux doit être comblé par des emprunts.

La crise de 2008 n’y est pas pour rien. Elle a occasionné des dépenses imprévues et réduit les revenus des agents économiques. Conséquences : l’État a perçu moins d’impôts. La France n’est pas seule dans ce cas. Il y a même bien pire qu’elle !

Alors, sommes-nous condamnés à l’austérité ?
Il faut dire qu’en adoptant l’euro, nous avons signé un pacte ! Le pacte de stabilité et de croissance. Il impose de limiter notre déficit à 3% du PIB et notre dette à 60% du PIB. Ce sont les fameux critères de Maastricht.
Pourquoi ? Parce que si les États de la zone euro se mettent tous à fortement s’endetter, la demande de biens et services sera trop forte par rapport à leur offre, ce qui provoquera une hausse durable des prix. Bref, de l’inflation.
Bon, aujourd’hui, ce n’est pas le vrai souci car l’inflation est faible. On craint plutôt que l’État ne puisse rembourser les investisseurs qui lui prêtent sur les marchés financiers.

La dette est constituée d’obligations émise par le Trésor sur le marché des obligations. Les non-résidents qui détiennent la dette sont des investisseurs institutionnels, des fonds d’investissements souverains, des banques et des fonds spéculatifs. Il n’existe pas d’information publique détaillée à ce sujet.

Et un État qui n’honore pas ses dettes ne trouve plus personne pour lui prêter ! Du moins, tant qu’il ne prouve pas qu’il est redevenu très sérieux. Or, pendant ce temps, sans emprunts, les services publics fonctionnent mal et tout le monde doit se serrer la ceinture. L’État doit donc convaincre les investisseurs qu’il restera un bon payeur. C’est pourquoi certains jugent que l’austérité est indispensable pour rassurer les prêteurs puisque notre dette a beaucoup augmenté. Enfin, d’autres considèrent que l’austérité est nécessaire parce que l’État dépense trop et connaîtra toujours des problèmes s’il n’est pas plus économe.

Pourtant, l’austérité peut nuire aux finances d’un État et à l’économie en général ! Moins de dépenses publiques ou plus d’impôts, c’est moins de revenus pour les ménages et les entreprises. Dans ce contexte peu réjouissant, les entreprises ont moins de raisons de produire, d’investir et d’embaucher. Or, moins de production et de revenus, c’est moins d’impôts versés, donc moins de recettes pour l’État. C’est aussi plus de chômeurs, donc plus de dépenses de protection sociale. Bref, l’austérité peut mener à plus de déficit et plus de dette ! Aujourd’hui, beaucoup pensent qu’en Europe, il faudrait renoncer à l’austérité. Pour eux, elle a fait plus de dégâts qu’autre chose depuis 2008. C’est plutôt une politique de relance, le contraire de l’austérité, qu’il faut conduire pour dynamiser les carnets de commande des entreprises et inciter les ménages à consommer davantage.

Alors, austérité ou pas ? Une politique qui permette de concilier croissance et équilibre financier existe! Elle consiste à accepter les déficits tant qu’on en a besoin et convaincre les prêteurs que la dette sera réduite lorsque l’économie ira mieux. Facile à dire, pas forcément à faire.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : francetv éducation

Auteur : Stéphane Ménia

Production : 2017

Diffusion : 2017

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