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Peut-on se payer un revenu universel ?

Decod'éco - Decod'éco - saison 1

Publié le - Mis à jour le 08-03-2017

Le revenu universel, c’est une idée simple ! Nos sociétés sont tellement riches qu’il n’est pas normal qu’il y ait encore des pauvres. La solution proposée :  chacun devrait recevoir une allocation permettant de vivre, quel qu’il soit et quoi qu’il arrive. C’est ce qu’universel veut dire : tout le monde le touche, sans conditions. C’est une idée ancienne, qui a séduit des gens très variés, de l’économiste Milton Friedman à Martin Luther King.

 

 Le montant proposé varie. Par exemple, La Suisse a récemment soumis à référendum un revenu universel de 1700 euros par mois par adulte. En France, un revenu universel fixé au seuil de pauvreté serait de 800 euros par mois pour une personne seule, 2000 euros par mois pour une famille avec deux enfants.

 

Dans cette version, un revenu universel coûterait très cher : pour la France, environ 400 milliards d’euros, soit un peu moins que toutes les dépenses actuelles de la sécurité sociale ! (ensemble des régimes de base : 474 Mds €).

On peut essayer de réduire ce coût, mais alors soit ce revenu est trop faible pour vraiment sortir de la pauvreté ; ou alors, il n’est versé qu’aux plus pauvres, et devient une simple extension de ce qui existe déjà, comme le RSA (revenu de solidarité active). Ce n’est alors plus un revenu universel.

 

Ce coût doit cependant être nuancé, car le revenu universel peut remplacer des dépenses qui existent déjà; le reste serait financé par une augmentation des impôts. Et c’est là que partisans de droite et de gauche du dispositif se séparent. Pour les  libéraux, le revenu universel est une manière de remplacer l’actuel état-providence. Ils considèrent donc qu’il remplacerait non seulement le RSA, mais aussi les allocations familiales, une partie ou la totalité des retraites publiques, les allocations chômage, et permettrait de déréglementer fortement le marché du travail, rendant possible la suppression du salaire minimum.

 

Pour les partisans de gauche de ce système, il viendrait largement se rajouter à la protection sociale qui existe déjà : l’essentiel du financement proviendrait d’impôts nouveaux. Pour les classes moyennes et aisées qui le paieraient, le revenu universel ne serait pas une très bonne affaire.

 

Une autre question posée est celle des conséquences sur notre société. Les gens accepteraient-ils encore de travailler ? Des expériences de revenu de base ont été menées, aux Etats-Unis dans les années 60 et 70 . ; Eelles ont montré que les gens qui en bénéficient réduisent effectivement leur temps de travail, sans pour autant cesser entièrement de travailler.

C’est que le revenu universel n’est pas non plus extrêmement généreux : fixé au seuil de pauvreté, il y a de quoi le compléter pour avoir une vie plus confortable. Par ailleurs, pour les partisans du dispositif, cette diminution du travail est souhaitable : elle conduirait à une société dans laquelle les gens seraient libres de choisir la quantité et la nature de leur travail, sans y être contraint par la nécessité.

 

Alors utopique, le revenu universel ? Aujourd’hui, oui. Il coûte trop cher, ou changerait de manière trop importante notre système social pour que l’essentiel de la population l’adopte. Mais cela pourrait changer !. Il va être testé au Canada et en Finlande ; Il est aussi expérimenté pour changer l’aide au développement : une ONG a ainsi décidé d’essayer de verser un revenu de base à 6000 kenyans pendant 10 ans.

Dans un futur où les robots occuperont de plus en plus d’emplois et dans lequel l’emploi salarié deviendrait l’exception et l’ubérisation la norme, le revenu universel trouverait toute sa place !

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : francetv éducation

Auteur : Alexandre Delaigue

Production : 2017

Diffusion : 2017

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