A la recherche de la justice sociale

Decod'éco - Saison 1

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Publié le - Mis à jour le 09-10-2017

Neymar, nouvelle recrue du PSG, est payé 30 millions d’euros par an ! Autant que 2175 smics.

Aux États-Unis, les 1% les plus riches reçoivent 22% du revenu total du pays, contre 9% en 1975. Dans le monde, 800 millions de personnes vivent sous le seuil d’extrême pauvreté, avec moins d’1,9 dollars par jour, dont 350 millions d’enfants. 

Ces chiffres nous choquent et nous inspirent une réaction immédiate : c’est injuste ! Nous sentons qu’il y a là quelque chose de profondément anormal, d’inacceptable. Mais il est difficile ensuite de se mettre d’accord. Le riche dira que sa fortune est juste, qu’il l’a méritée, qu’elle bénéficie à la société… D’autres jugeront inacceptables de trop grands écarts de richesse et de pouvoir. Comment construire une société considérée comme juste par tous ? Quelles interventions de l’État permettent de rendre la société plus juste ? 

Pour les penseurs socialistes comme Marx ou Engels par exemple, le système capitaliste est par nature injuste. Et la seule manière d’établir la justice sociale est de le remplacer par le communisme en abolissant la propriété privée. 

Pour des libéraux, au contraire, il ne peut pas y avoir d’injustice dans une société d’individus libres. Au 19ième siècle les économistes libéraux comme John Stuart Mill définissaient la justice sociale par l’utilitarisme : une société est juste si le bonheur total de ses habitants est le plus grand possible. Dans cette approche, la redistribution est possible parce que le bonheur apporté par 100€ à un pauvre est supérieur à ce que cela apporte à un riche. Mais cette définition pose un problème. Le bonheur est difficile à mesurer, et pris à la lettre, ce critère permet de sacrifier une minorité de la population si son malheur est inférieur aux avantages que cela apporte aux autres.

Plus récemment, le philosophe américain John Rawls a apporté une autre réponse. Il articule sa définition selon deux principes. Le premier, c’est que chaque membre de la société dispose du même ensemble de droits et de libertés. Le second, c’est que les seules inégalités acceptables sont celles qui améliorent la situation des plus démunis. Ce critère permet de différencier des inégalités justes et injustes : un entrepreneur qui fait fortune en créant beaucoup d’emplois et en fournissant des services utiles à tous, et qui s’enrichit, n’a pas le même statut qu’un héritier paresseux qui dilapide l’argent dont il a hérité ! On préférera donc taxer plus fortement l’héritage que le revenu entrepreneurial. 

Ce principe n’empêche pas de fortes inégalités mais a inspiré de nombreuses politiques publiques depuis une trentaine d’années. L’intérêt des réflexions sur la justice est là : si on ne veut pas changer radicalement la société, réfléchir sur la justice sociale permet de trouver les réformes, les actions publiques et la fiscalité, susceptibles de rendre la société plus juste.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : francetv éducation

Auteur : Alexandre Delaigue

Production : 2017

Diffusion : 2017

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