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35H, devrons-nous travailler plus ?

Decod'éco - Saison 1

Publié le - Mis à jour le 13-04-2017

3168. C’est le nombre d’heures travaillées annuellement par un Français en 1870. Ce chiffre a été divisé par deux depuis ! Tous les pays industrialisés ont connu cette tendance. Cette baisse du temps de travail a été rendue  possible par la hausse de la productivité des entreprises. La productivité compare la production réalisée aux ressources utilisées pour l’obtenir. Une productivité  plus élevée traduit une plus grande efficacité du travail. Grâce au progrès technique, la source des gains de productivité, nous pouvons produire autant qu’avant, mais avec moins de moyens, notamment moins de temps de travail.

De son côté, la loi est allée dans le sens des aspirations des salariés, en imposant progressivement d’utiliser une partie de ces gains de productivité pour réduire la durée du travail. Aujourd’hui, un salarié français travaille à peu près autant que ses homologues européens. À temps plein, il travaille 40,4 heures hebdomadaires, soit plus que la durée légale des 35 heures. C’est moins qu’un Allemand, qu’un Italien ou qu’un Britannique.

Mais travaillons-nous trop peu ?

Certains le pensent. Ils soulignent par exemple que l’écart de revenus entre la France et les États-Unis s’explique par notre temps de travail plus faible. Pour eux, les 35 heures accroissent le coût du travail pour les entreprises, puisqu’elles doivent payer des heures supplémentaires plus chères et dont le volume est, en plus, limité par la loi. De ce fait, les entreprises produisent et embauchent moins. Selon eux, il faudrait supprimer les 35 heures pour donner plus de souplesse aux entreprises. 

D’autres s’opposent à un relèvement de la durée du travail. Ils jugent qu’il faut conserver les 35 heures, voire réduire encore le temps de travail, à 32 heures par exemple ! Ils pensent qu’accroître la durée du travail ne crée pas d’emplois parce que les entreprises n’en ont pas besoin : elles robotisent leur production, recourent aux heures supplémentaires et, de toute manière, ont des carnets de commande peu remplis depuis la crise de 2008. Les partisans de la baisse du temps de travail estiment qu’elle réduit  le chômage,  et attribuent ainsi aux 35 heures 350 000 créations d’emplois. Pour que la réduction du temps de travail crée des emplois, il faut que les entreprises fassent des gains de productivité. Ces gains sont possibles de 2 manières.

La première s’appuie sur le fait que si une entreprise réduit le temps de travail d’un salarié, elle supprime ses dernières heures travaillées, celles où il est le moins efficace. Ces heures vont être faites par un nouveau salarié qui, lui, sera en pleine forme et travaillera donc plus vite et mieux !

La deuxième manière de faire des gains de productivité, c’est  qu’à la suite de ces changements, l’entreprise puisse se réorganiser pour améliorer sa façon de travailler. Elle est donc plus performante ! Grâce à ces gains de productivité, elle peut maintenir les salaires de ses salariés, alors qu’ils auront travaillé moins d’heures ! Elle est pas belle la vie ?

Et demain, quel sera notre temps de travail ? On ne sait pas encore quel sera l’impact des technologies numériques sur la croissance et la productivité. Or, sans gains de productivité élevés, la baisse du temps de travail se poursuivra, certes, mais moins vite que par le passé. Sauf si nous choisissons de « travailler moins pour gagner moins ». 

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : francetv éducation

Auteur : Stéphane Ménia

Production : 2017

Diffusion : 2017

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