Les crises économiques actuelles : de la justesse des prévisions keynésiennes

Publié le - Mis à jour le 10-02-2016

La crise financière de 2008 et le risque de récession mondiale ont redonné une actualité forte aux thèses keynésiennes.

La crise des subprimes de 2007-2008 est en effet née de pratiques spéculatives sur le marché de l’immobilier. Elle montre que la spéculation s'est introduite structurellement au cœur du système financier et en est devenue le moteur.

La crise des subprimes

La crise économique de 2008-2011, appelée crise des subprimes, est la crise la plus grave depuis 1930. Il s’agit au départ d’une crise immobilière aux Etats-Unis, qui s’est transmise aux secteurs financiers et bancaires du monde entier, à travers la diffusion de titres financiers.

Crise financière et spéculation

Keynes invitait dès 1936 à se méfier des méfaits de la spéculation, de la domination de la finance sur l'entreprise, de la primauté donnée aux critères de rentabilité financière à court terme.

Les spéculateurs selon Keynes

 Dans La Théorie générale, Keynes notait :

« Les spéculateurs peuvent être aussi inoffensifs que des bulles d'air dans un courant régulier d'entreprise. Mais la situation devient sérieuse lorsque l'entreprise n'est plus qu'une bulle d'air dans le tourbillon spéculatif. Lorsque, dans un pays, le développement du capital devient le sous-produit de l'activité d'un casino, il risque de s'accomplir en des conditions défectueuses ».

 

Récession économique et anticipations

La prolongation de la crise et son transfert à la sphère réelle redonne une actualité au concept keynésien d’anticipations.

Ce sont en effet les anticipations pessimistes des ménages et des entreprises qui renforcent la dépression qui les avait, en amont, rendus pessimistes.

Pour Keynes, les anticipations jouent un rôle majeur. Lorsque les acteurs économiques anticipent un ralentissement de l'activité, la demande effective adressée à l’économie est insuffisante. Les nouveaux projets d'investissements sont gelés, ce qui en retour contracte l’activité.

Les politiques mises en œuvre pour sortir de la crise réactualisent, elles aussi, les intuitions keynésiennes. Les Etats ont accru les déficits budgétaires dans les mois qui ont suivi le pic de la crise de 2008.

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