La baisse tendancielle du taux de profit et la nécessité du libre échange chez Ricardo

Publié le - Mis à jour le 09-02-2016

L’hypothèse malthusienne

Ricardo est un économiste libéral pessimiste. S’éloignant de l’idée smithienne d’un équilibre stable et harmonieux, il se rapproche d’un autre économiste britannique de l’école classique, Robert Malthus.

malthus

Robert Malthus, source Wikipedia

Ricardo adhère au principe de population de Malthus, qui veut que la population augmente plus vite que la production de biens alimentaires. Ce décalage conduisant périodiquement à des crises alimentaires débouchant sur une forte hausse de la mortalité. Ricardo s'appuie sur cette hypothèse pour construire sa théorie des rendements décroissants.

La théorie des rendements décroissants

La transition démographique que vit l'Angleterre du XIXe siècle, avec un très fort accroissement de sa population, nécessite de produire davantage de biens alimentaires. Partant de ce constat, Ricardo développe la théorie des rendements décroissants :

  • Pour produire plus de produits alimentaires, il faut mettre en culture de nouvelles terres.
  • Chaque nouvelle terre mise en culture est moins fertile que les terres précédemment cultivées.

Ces deux conditions renchérissent le coût de la production agricole. Pour obtenir une même production alimentaire, une quantité de travail plus grande est nécessaire. Les rendements de la terre sont décroissants.

La baisse de la rente foncière

Le prix du blé est fixé par rapport à son coût de production le plus élevé, correspondant au terrain où la fertilité est la plus faible.

Les propriétaires des sols les plus fertiles tirent une rente équivalente à la différence entre le coût de production du blé sur les sols les plus fertiles et celui sur les sols les moins fertiles. Les propriétaires des terres les plus fertiles bénéficient donc d’une rente importante. Mais cette rente va décroissant, à mesure que la fertilité de la terre diminue.

La solution dans l’ouverture des frontières

Pour Ricardo il existe un moyen efficace de pallier à la baisse du rendement des nouvelles terres cultivées : importer du blé à bon marché.

La baisse du prix du blé qui en découle permet une baisse des salaires. Les salaires sont en effet fonction du prix du pain qui constitue l’aliment de base des travailleurs. La baisse du prix du blé entraine la baisse du prix du pain, fabriqué à base principalement du blé.

Ce levier permettra ainsi de retrouver un niveau de profit élevé. Cette meilleure rémunération des propriétaires des moyens de production les incitera à investir de nouveau.

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