L'écriture de Truffaut : de la critique à l'autobiographie

Publié le - Mis à jour le 03-08-2016

François Truffaut est entré dans le métier du cinéma par la porte de la critique.

jean-pierre léaud - antoine doinelLes Quatre Cents Coups, de François Truffaut. Jean-Pierre Léaud - Antoine Doinel. © André Dino - MK2/DR

Si l’on doit en grande partie l’invention de la Nouvelle Vague à François Truffaut, on doit incontestablement l’invention de François Truffaut à André Bazin. Cet activiste du cinéma, proche du parti communiste, est certainement à l’origine du parti pris de François Truffaut en faveur de ce que l’on va appeler le cinéma d’auteur. Véritable père spirituel, et même père de substitution de François Truffaut, ayant fondé en 1951 la revue Les Cahiers du Cinéma, acte fondateur de la cinéphilie, il offre à François Truffaut l’occasion de publier ses premiers articles critiques. Ainsi, dès 1954, après avoir âprement défendu la valeur des auteurs que sont à ses yeux, les réalisateurs, scénaristes et dialoguistes, jusque-là un peu relégués au second plan, François Truffaut publie son fameux article Une certaine tendance du cinéma français. Il y critique sévèrement le conformisme du cinéma français des années 50 et appelle à un renouveau dans tous les domaines. Pour mettre en pratique ses théories, Truffaut se fait cinéaste, mais commence par entreprendre ce qu’il sait le mieux faire, c'est-à-dire écrire lui-même le scénario de son premier long-métrage Les quatre cents coups. Et c’est une autobiographie, entreprise assez curieuse pour un jeune homme de trente ans, qui au fur et à mesure de la carrière du cinéaste va se transformer en journal intime auto-filmé : en effet le héros des Quatre cents coups, Antoine Doinel, incarné par Jean-Pierre Léaud, reviendra de façon récurrente dans l’œuvre de François Truffaut, Antoine et Colette en 1962, Baisers volés en 1968, Domicile Conjugal en 1970 et L’Amour en fuite en 1979, formant un corpus autobiographique unique à ce jour dans le cinéma, car si d’autres, comme Godard ou Philippe Garrel, se sont largement inspirés de leurs expériences vécues dans leurs films, aucun comme François Truffaut n’a jalonné sa carrière, par ailleurs très diverse, de repères personnels aussi marquants que la série des Antoine Doinel. 
 

alfred hitchcockalfred hitchcock, sur le tournage de Complot de famille, 1975
© Stan Osborne

Entre 1960 et 1983, tout en proposant au public un film par an, François Truffaut n’en continue pas moins d’écrire sur le cinéma, articles théoriques ou critiques sur ses auteurs favoris, Jean Renoir, Alfred Hitchcock, Orson Welles. Son essai Le Cinéma selon Alfred Hitchcock, paru en 1966, est devenu une référence sur ce grand maître anglo-américain du suspens, au point d’être appelé communément le Hitchbook ! Scénariste de ses propres films, François Truffaut a publié ses scénarios et dialogues originaux.

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