Théodore Géricault : Une vie au galop

Decod'art - Peinture

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Publié le - Mis à jour le 05-12-2017

Théodore Géricault a vécu sa vie à cheval. Il les a montés, il les a peints, il en est tombé. C'est une chute de cheval qui le tue, à 32 ans à peine, en 1824. 

Sa carrière de peintre aura duré 12 ans, tout au plus. Des années durant lesquelles seul une dizaine de ses oeuvres auront été exposées. Né dans une famille aisée, il n'a pas de problèmes d'argent. Géricault découvre à 21 ans sa vocation de peintre de chevaux, mais il peint déjà depuis ses 16 ans, passant de l'atelier de Carle Vernet à celui de Pierre-Narcisse Guérin. Il a aussi copié les grands maîtres, au Louvre. Rubens et le Caravage principalement. 

Son "Officier de chasseurs à cheval chargeant" fait forte impression au Salon de 1812. Il peint ensuite plusieurs portraits de soldats. Il commence à se faire un nom. Son goût pour les scènes contemporaines surprend.
En 1816, il  part  un an à Rome, étudier de près la peinture italienne. Les peintures de Michel-Ange et de Raphaël, leur amplitude, leur puissance expressive, entre autres, le marqueront.

Quant il revient à Paris, il s'attelle à son oeuvre la plus célèbre : "Le Radeau de la Méduse". Spectaculaire par sa taille, haut de cinq mètres, large de sept, ce tableau l'est aussi par son sujet. Inspiré d'un fait divers de l'époque, le naufrage de la frégate "La Méduse" au large des côtes du Sénégal, le tableau représente les rescapés sur le point d'être secourus alors qu'ils dérivent depuis 13 jours en mer. Géricault interroge deux survivants, fait construire une maquette grandeur nature du radeau dans son atelier, et va même jusqu'à se procurer des restes humains. Le tableau est mal reçu par la critique parisienne. Donner une allure noble à un fait divers choque.

C'est en Angleterre, où Géricault a décidé de s'esquiver, que la toile est acclamée. Il revient au bout d'un an à Paris, à la toute fin de l'année 1821. Il est malade. Il aurait contracté une maladie vénérienne. C'est l'hypothèse que font nombre d'historiens. Il peint alors la série des "Monomanes", les portraits de dix malades mentaux, d'une intensité rare. 

Mais Géricault vit sans prendre soin de lui-même, s'agite, court, se fatigue. Sa santé se détériore progressivement. Il tombe  plusieurs fois de cheval, et finit par se briser le dos lors de l'une de ces chutes. Alité, paralysé, extrêment maigre, il meurt le 26 janvier 1824.

Son influence et sa postérité ne cesseront par la suite de grandir. Les peintres qui lui sont redevables, au premier rang desquels Eugène Delacroix, lui rendront toujours hommage. 
Théodore Géricault est l'un des grands précurseurs du Romantisme, par son souci de méler le grandiose et le pathétique. Une combinaison qui ne s'était jamais vue. Il aura traversé la vie à bride abattue. 
Il y a des galops magnifiques.

Réalisateur : Valentine Dubois

Producteur : Corner Prod, France Télévisions

Auteur : Mark Molkhou

Production : 2017

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