Antoine Watteau : Une fête permanente

Decod'art - Peinture

Chargement de la playlist en cours...

Publié le - Mis à jour le 09-01-2018

Vous avez aimé la série "L'Art du Crime" ? Découvrez l'artiste Watteau et une de ses oeuvres décryptée pour vous ! 

Iconographie :
Pierrot, dit autrefois Gilles
Artiste ou origine: Watteau, Jean-Antoine
N° d'inventaire: MI 1121
© 2009 Musée du Louvre / Erich Lessing

« Le monde entier est un théâtre, - Et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs – Chacun y joue successivement les différents rôles. » Cette citation célèbre de Shakespeare va comme un gant à la peinture d'Antoine Watteau.

Sa peinture n'est pas cynique, loin de là, mais elle est souvent mélancolique, alors même que s'y déroulent des fêtes. C'est que Watteau a peint les hommes et les femmes déguisés, il a peint la solitude si caractéristique que l'on éprouve dans un costume.

Il n'a pas commencé par là. Antoine Watteau est né en 1684, à Valenciennes. Au début de sa carrière, il peint des images religieuses, des tableaux de genre, il fait des copies, rien de très original. Il débute et a besoin de gagner sa vie.

Il trouvera seulement plus tard sa voie, inspiré par la commedia dell'arte, peignant de nombreuses scènes de théâtre et des fantaisies galantes. Il peint alors Pierrot, souvent, Harlequin et Scapin. Il peint les visages autant que les masques.

En 1712, Antoine Watteau a 28 ans. Il devient membre de l'Académie. Son « morceau de réception » est un tableau célèbre : « Le Pèlerinage à l'île de Cythère ». Des amoureux embarquent pour l'île de Cythère, l'île de l'Amour, ou la quitte, on ne sait pas. L'expression « fête galante », qui a connu par la suite un grand succès, fut inventée pour qualifier ce tableau aérien. Watteau a mis cinq ans à le peindre. Ce tableau inaugure un siècle, le XVIIIème siècle, qui inventera, il ne faut pas l'oublier, le libertinage.

Mais son tableau le plus fameux, celui auquel on associe son nom, est moins joyeux. Il s'est d'abord intitulé « Gilles », puis, allez savoir pourquoi, on a décidé de l'appeler autrement : « Pierrot ». C'est un tableau étrange. Il est beaucoup plus grand que les autres, il semble avoir été recoupé, il n'est pas signé, sa manière est plus fluide, on pense qu'il a servi d'enseigne à un café... Il est totalement atypique dans l'œuvre du peintre.

Sa composition présente une légère contre-plongée. Au pied d'un grand pierrot, immobile, les bustes de plusieurs hommes en costume apparaissent sans que l'on sache véritablement ce qu'ils font là. La tête d'un âne, qui fixe le spectateur d'un œil immense, a longtemps intrigué les commentateurs, et intrigue encore tout ceux qui examinent ce tableau.

Le « Pierrot » couronne une production très abondante, peuplée de figures énigmatiques, de fêtes en plein air, de musiciens galants et de jeunes filles. En somme un panorama bienveillant de la comédie humaine.

Watteau, malade, meurt le 18 juillet 1721, à 37 ans seulement, alors qu'il connait le succès. Il est l'une de ces comètes flamboyantes qui font l'histoire de la peinture.

Réalisateur : Valentine Dubois

Producteur : Corner Prod, France Télévisions

Auteur : Mark Molkhou

Production : 2017

Recommandations