L'impressionnisme : un aboutissement esthétique

Publié le - Mis à jour le 05-01-2018

Les impressionnistes s’inspirent des courants de la peinture française apparus après le néoclassicisme du début du XIXe siècle (cf le tableau monumental commandé par Napoléon 1er, Le Sacre de Napoléon, par Jacques-Louis David).

L'influence des maîtres : Delacroix et Corot

Ils trouvent dansDelacroix(1798-1863), figure du romantisme en peinture, les clés de la peinture moderne : accrocher la lumière, substituer la couleur à la ligne, créer l'illusion du relief. Manet lui demande l’autorisation de copier La barque de Dante. Degas collectionne près de deux cent cinquante de ses peintures et dessins. Cézanne compare le rouge des babouches des Femmes d’Alger de Delacroix à la saveur d’un verre de vin dans le gosier et affirme « nous peignons tous en lui ! ». Il lui rend hommage dans son Apothéose de Delacroix : en contrebas du « grand maître » représenté dans le ciel, Cézanne fait figurer Monet, Pissarro et lui-même.

Corot (1796 – 1875) est aussi reconnu comme un maître. Pour Degas « Il est toujours le plus grand » et pour Monet « Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison ». Nombre de ses œuvres sont rattachées aux  thèmes néoclassiques (Agar dans le désert, Rome-le Colisée vu des jardins Farnèse, …), mais ses paysages témoignent d’une recherche sur la lumière (Souvenir de Mortefontaine) et d’un art des variations subtiles de tonalité (Le Port de la Rochelle) qui annoncent les impressionnistes.

L'influence des "paysagistes"

Pour s’échapper de l’atelier de Gleyre et de sa peinture académique, Sisley, Renoir, Monet et quelques autres vont à Barbizon près de Paris, peindre dans la campagne toute proche de la forêt de Fontainebleau. Depuis les années 1830, le hameau de Barbizon est le lieu de rendez-vous des peintres en rupture avec l’école néo-classique et le paysage historique composé. Ils ressourcent leur inspiration dans la nature, loin des cités et des conséquences de la révolution industrielle. Regroupés sous le nom d ‘ «école de Barbizon », ils vont profondément marqués les impressionnistes. Corot a séjourné à Barbizon, mais aussi Millet célèbre pour ses scènes champêtres et paysannes dites « réalistes », Courbet le révolutionnaire réaliste,  ou Théodore Rousseau qui s’installe définitivement à Barbizon en 1847.

Les impressionnistes ne sont pas influencés uniquement par les « paysagistes » de Barbizon, mais aussi par les paysagistes de l’école anglaise, dont le plus grand, William Turner, créateur d’effets de lumière et de couleur. La Gare Saint-Lazare de Monet entre en résonance avec Pluie, vapeur et vitesse de Turner.  Les impressionnistes sont en rupture avec l’art « officiel » (comme les tableaux de Meissonnier à la gloire de Napoléon III), mais en phase avec les transformations de la société passée à l’âge industriel.

 

Turner
Keelmen Heaving in Coals by Moonlight
Transport de charbon au clair de lune,
huile sur toile (92,3 x 122,8 cm) de William Turner, 1835.
Crédit : Widener Collection, National Gallery of Art, Washington
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Pour allez plus loin : 
Découvrez une analyse du tableau de David, 

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