Impressionnisme : couleurs et mélange optique

Publié le - Mis à jour le 03-03-2016

La préoccupation des impressionnistes de fixer une vision fugitive de la réalité changeante se traduit par une révolution dans la technique picturale, la juxtaposition des couleurs. Ce n’est plus le dessin et le contour qui donnent forme et volume aux choses mais la juxtaposition de touches de couleur.

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Jeune femme se coiffant,
huile sur toile (55,5 x 46 cm) d’Auguste Renoir, 1876.
Credit : Ailsa Mellon Bruce Collection, National Gallery of Art, Washington D.C.
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Pour rendre compte de l’atmosphère vivante et populaire de la guinguette à Montmartre dans le Bal du moulin de la Galette (1876), Renoir utilise des touches colorées et le tableau sera critiqué à l’époque pour le manque de netteté des forme.

Mis à part Degas, qui a toujours préféré travailler en atelier, les impressionnistes peignent en plein air et relativement vite : la palette de couleur est limitée et l’application de la couleur sur la toile est visible. Ils mélangent peu les couleurs, les empâtements laissent leur empreinte sur la toile, les touches sont rapides, on parle de « virgule » pour qualifier la trace visible du pinceau. Dans la première moitié des années 1870, Manet, Renoir et Sisley rejoignent Monet qui s’est installé à Argenteuil, proche de Paris et baignée par l’un des méandres de la Seine. Leurs toiles témoignent du travail sur la couleur. Manet y peint l’une de ses œuvres les plus impressionnistes Argenteuil où la couleur bleue de l’eau est qualifiée par un critique de « bleu indigo ». Monet essaie de capter la couleur en pratiquant de petites touches fractionnées (Régates à Argenteuil, 1872).

L'influence des estampes japonaises

Dans leur travail sur la couleur, les impressionnistes recherchent de nouveaux repères. Les salons parisiens découvrent la « folie des impressions japonaises » selon l’expression d’Edmond de Goncourt dans son Journal en 1882 pour qualifier les estampes japonaises.  est alors le maître incontestable de l’estampe de paysage, avec son art de la juxtaposition de couleurs franches où dominent le vert et le bleu et son sens de la mise en perspective et du premier plan, qui se retrouve chez Degas.

Juxtaposition des touches de couleur

Dans leur procédé des touches de couleur, les impressionnistes appliquent le principe de la division des tons : le vert résulte du voisinage d’un bleu et d’un jaune, l’orange de la juxtaposition d’un rouge et d’un jaune , etc. Ils mettent en application la loi mise à jour par le chimiste Michel-Eugène Chevreul dans son essai de 1839, De la loi du contraste simultané des couleurs. Par un effet optique et non chimique, une couleur donne à une couleur avoisinante une nuance complémentaire dans le ton. La juxtaposition de taches de couleur sur la toile est retranscrite par l’œil du spectateur en un « mélange optique » : deux ou plusieurs couleurs distinctes sont perçues simultanément comme une nouvelle couleur par l’œil humain.

Pissarro va pousser loin cet effet optique en utilisant des touches de plus en plus petites de couleurs contrastées (Le marché à la volaille, Pontoise, 1882). Dans les années 1880, le peintre Georges Seurat systématise cette technique picturale en juxtaposant de petites taches de couleur pure, comme des points individuels, d’où le nom de divisionnisme pour qualifier son œuvre post-impressionniste.

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Paysage marin à Port-en-Bessin,
huile sur toile (65,1 x 80,9 cm) de Georges Seurat, 1888.
Credit : don de la W. Averell Harriman Foundation en mémoire de Marie N. Harriman,
National Gallery of Art, Washington D.C.
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